Introduction 18

Dans la zone localisée au nord de la province de Hà Tây (dont un certain nombre de villages dépendent maintenant de la juridiction de Hà Nôi), on dénombrait 17 villages spécialisés dans la fabrication de divers types d’articles {non, manteaux en feuilles de latanier, grands paniers {bô) …). On ne pratique presque plus cet artisanat, excepté dans le cluster de Ninh Sô composé de sept villages regroupant près de 4 000 artisans, au bord du fleuve Rouge. Auparavant, on y fabriquait des jarres en bambou tressé très serré pour stocker du riz non décortiqué. De nos jours, les artisans tressent des objets en bambou et en rotin pour l’exportation. Une coopérative mise en place à l’époque collectiviste a permis de diffuser le métier vers d’autres villages et d’ouvrir le marché vers l’étranger.
Un des plus gros clusters de vanniers s’est établi autour d’un seul village, Phü Vinh, situé dans le district de ChifOng Mÿ, à l’ouest de la province, et très réputé pour son savoir-faire ancestral dans le rotin. Une coopérative ouverte sur le marché de l’Europe de l’Est est à l’origine de la transmission du métier à une dizaine de villages des alentours (Itinéraire 8). Le cluster de chapeaux coniques de Chuông, organisé autour du marché du même nom, malgré la très faible rentabilité de cette activité très consommatrice de main-d’œuvre, a réussi à traverser les vicissitudes de l’histoire et conserver le métier de plus de quinze villages (Itinéraire 7). Seuls quatre villages ont perdu leur activité. Il est intégré dans une zone spécialisée dans la transformation du bambou, de l’osier qui est parvenue à diversifier et étendre ses activités (éventails, cages, bâtons d’encens…). Un village spécialisé dans le tressage de l’osier, Liïu Thu’çfng, au sud de la province (Itinéraire 7), à l’activité modeste dans les années 1930, est devenu lui aussi le centre d’un petit cluster dynamique ouvert sur le marché de l’exportation et a diffusé son savoir-faire vers une dizaine de villages. Il est rattaché au cluster de fabricants de chapeaux coniques, les non, par des relations de sous-traitance.

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Les petits villages très spécialisés dans un seul article et dispersés n’ont pas résisté à l’ouverture économique, sauf lorsque, portés par des coopératives, ils ont réussi à diffuser leur métier, à élargir l’envergure de leur production pour les marchés étrangers. Les anciens clusters parviennent à se maintenir, mais jusqu’à quand pour ceux qui ne parviennent pas à s’ouvrir à l’international ?
Bac Ninh : le berceau de la civilisation vietnamienne, de l’implantation du Bouddhisme et du commerce
Sur les 77 villages de métier recensés en 2003 dans la province de Bac Ninh, la moitié aurait développé une activité à l’époque féodale. Berceau de la civilisation vietnamienne, le Kinh Bac, dont Bac Ninh fait partie, concentre un riche patrimoine religieux et culturel – le Bouddhisme s’est diffusé à partir de cette zone – et de nombreuses places de marchés, car situé au carrefour des routes commerciales entre le delta et la montagne et sur la route de la Chine. Des villages ont depuis plusieurs siècles développé des activités artisanals.
• les villages de la sculpture sur bois de Phù Khê et HiïOng Mac ;
• Dai Bai, haut lieu du martelage du bronze et du cuivre ;
• les villages de potiers de Phù Lâng ;
• Da Hôi spécialisé autrefois dans les parties métalliques des outils aratoires et qui est devenu un grand centre sidérurgique.
A l’époque coloniale, les villages de métier se concentraient le long de la rivière Difông et à l’ouest dans la zone proche de Hà Nôi. On en comptait un peu plus d’une soixantaine dans ce qui correspond à l’actuel territoire de Bac Ninh (il a perdu de nombreuses communes au profit de Hà Nôi). Cependant, plus de la moitié de ces villages ont arrêté leur activité, seuls 16 ont maintenu la leur, tandis que 12 se sont reconvertis dans d’autres productions.

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