Introduction 19

L’activité textile a la plus souffert du collectivisme : sur les 12 villages du textile de la province, il n’en reste plus que trois (où travaillent essentiellement des femmes). L’activité de la soie a complètement disparu. Seul un village localisé de l’autre côté de la limite provinciale à Hà Nôi, Chi Dông, élève des vers à soie de façon saisonnière. Les cocons sont dévidés et traités dans un autre village (Bunney Tessa). Pierre Gourou recensait pourtant, en 1930, 1 650 tisserands pour cette province dont 600 spécialisées dans la soie. Les cotonnades étaient fabriquées essentiellement par des femmes, sur des métiers rudimentaires de faible largeur.
Les villages de vanniers de l’époque coloniale ont tous disparu, sauf un. La petite dizaine de villages qui pratiquent aujourd’hui cette activité l’ont mise en route plus récemment. Quant à la fabrication des produits alimentaires (nouilles, pâtés variés, alcool de riz, farines de riz ou d’amidon de manioc), il ne reste que deux survivants de cette époque. A l’instar de la vannerie, les villages agro-alimentaires actuels sont des initiatives récentes.
Les activités de transformation des produits alimentaires ont beaucoup évolué. Si elles restent encore très présentes, notamment pour la fabrication de différents types de nouilles ou vermicelles, la distillation d’alcool de riz et le décorticage de riz (le hàng sdo) ne sont plus pratiqués que par une poignée de villageois. Cette dernière activité ne procurait que des gains infimes. Malgré leurs faibles niveaux de vie et la prédominance du riz dans leur alimentation, les villageois du delta du fleuve Rouge ont fait jouer leur imagination culinaire : de nombreux villages ont su depuis
des dizaines d’années fabriquer une grande variété de pâtés, de nouilles et de friandises à base de riz, agrémentant leur
quotidien. Le dâu phu, ou tofu, fait à partir du soja, continue de remplacer les protéines animales dans les familles les plus démunies. Il ne reste plus qu’un seul village spécialisé dans sa fabrication. On comptait huit villages spécialisés dans la fabrication d’alcool à l’époque coloniale. Il n’en reste plus que deux dans cette province, dont un tente d’améliorer la qualité de son produit et d’obtenir un label pour une meilleure visibilité.

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La vannerie, enfin, qui occupe près de 40 % des villages de métier dans la province de Hà Tây, est peu présente à Bac Ninh. Là, l’industrialisation croissante, la mécanisation de nombreuses activités, ont eu raison de cette activité, grande consommatrice de main-d’œuvre et peu rémunératrice. Elle a souffert aussi de la concurrence des conteneurs en plastique, en grande partie importés de Chine. Ces villages ont tous perdu leur activité. Il ne reste aujourd’hui plus que cinq villages de vanniers ou de producteurs de meubles en bambou situés dans les communes de l’est de la province. Ils ont développé leur activité plus récemment.

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