Introduction 27

PATRIMOINE CULTUREL ET ARCHITECTURAL À VALORISER PAR LE TOURISME
Il existe un très riche patrimoine culturel et architectural niché dans les villages du haut delta, berceau de la société vietnamienne multimillénaire. Ce patrimoine a réussi, malgré les vicissitudes politiques et économiques, à être préservé et constitue la base culturelle matérielle et immatérielle de la société villageoise nord-vietnamienne.
Dans cette plaine densément peuplée, l’espace manque et les villages sont resserrés sur des tertres ou les bourrelets des fleuves, à l’abri des inondations, et étaient protégés autrefois par une haie de bambou. Cette défense naturelle, autant que frontière inviolable, était le symbole de l’autonomie villageoise (Nguyën Van Kÿ, 1995). Les villages sont d’une certaine façon très urbanisés, mais leur organisation spatiale répond aussi à des préoccupations religieuses et à la géomancie. Les maisons traditionnelles, bâties autour de leurs cours plantées, sont protégées des regards extérieurs par des murs en briques, et s’échelonnent le long d’un labyrinthe de venelles étroites, bétonnées ou pavées de briques. De très belles maisons anciennes, symboles de la richesse d’antan des lignages de grands propriétaires ou d’artisans talentueux, se maintiennent malgré la fièvre immobilière qui’anime les « nouveaux » riches dans les villages les plus actifs.
Ce patrimoine architectural (pagodes ou chùa, maisons communales ou dinh, temples, maisons traditionnelles, venelles et mausolées) a été préservé en grande partie, bien que pendant la période collectiviste de nombreux édifices religieux aient été détournés de leur fonction première pour devenir des bâtiments administratifs, ou aient été simplement et purement détruits. Des programmes de réhabilitation des dinh les plus majestueux ont été mis en place par le ministère de la Culture, des associations villageoises entretiennent les pagodes, une reprise de ferveur ayant eu lieu avec l’arrêt de l’interdiction des pratiques religieuses depuis les années 1990. On revalorise l’identité villageoise, les festivals des ancêtres de métier ou des génies tutélaires sont organisés, ravivent l’histoire du village et cherchent à revivifier les solidarités. Ce riche patrimoine culturel reste très vivant et cherche à être préservé et mieux connu. Des demandes ont été faites à l’Unesco dans ce sens.

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PATRIMOINE CULTUREL ET RELIGIEUX: UN DES LIEUX DE LANCRAGE CULTUREL DE LARTISANAT
Un patrimoine immatériel très varié et revivifié depuis le Doi Mâi
Le patrimoine culturel immatériel comprend les formes de représentations orales (quan ho, les duos chantés amoureux de la province de Bac Ninh, voir Itinéraire 1), les formes de représentations artistiques (chèo, le théâtre populaire et les marionnettes sur l’eau), les mœurs et les coutumes, les activités rituelles et festives (les festivals, les jeux)… Ces arts trouvent leur principal lieu d’expression lors des festivals de printemps et la célébration des ancêtres de métier.
Les festivals et le culte des saints patrons de métier
Les festivals se tiennent en général après le Nouvel An lunaire, comme le rappelle une chanson populaire :
Le premier mois est celui où l’on s’amuse Le second celui du jeu Le troisième celui des festivals!
Depuis les années 1990, les rituels pré-révolutionnaires concernant les saints patrons et des génies tutélaires institués par les élites locales, qui avaient été interdits dans les années 1940, revivent. L’ingérence de l’Etat dans la vie culturelle villageoise et le maintien ou l’interdiction de tels événements n’est pas nouvelle.

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