Introduction 30

Opéra populaire ou chèo
Ce genre théâtral est né des chants et des danses populaires profanes ou religieux du delta du fleuve Rouge. Au XIe siècle, il était composé de représentations populaires et de mime. Puis, il représentait des petites scènes pour raconter des récits religieux. Le genre atteint sa maturité aux XVe et XVIe siècle. Il se développe aux siècles suivants en même temps que les romans populaires en nom (langue vietnamienne écrite en lettres chinoises) ; les pièces typiques se conservent jusqu’à maintenant. Contrairement au tuông, un art théâtral classique destiné à l’aristocratie, le chèo décrit la vie rurale. Il donne la parole aux paysans. Le thème le plus exploité est le sort déplorable de la femme qui se soumet au régime féodal; parfois elle se révolte contre lui. Le rire satirique des bouffons s’y mêle pour fustiger l ’ordre féodal.
Les troupes donnent des représentations aux fêtes populaires, dans la cour de la maison communale. La natte qui sert de scène peut être à la fois terre, ciel, fleuve ou montagne. Aux deux côtés sont assis les acteurs et les musiciens qui chantent en chœur. Le public reste debout et entoure la scène. L’instrument de musique consacré est le tambour. Les spectateurs et les acteurs s’interpellent. L’improvisation joue un grand rôle car le chèo combine à la fois les discours, les chants, les danses et la musique pour raconter une histoire.

A voir: agence de voyage sur mesure au vietnam
Certaines pièces typiques du répertoire théâtral font « cour » comble, telle la fameuse pièce de Litu Binh et Du’Ong Lé qui raconte 1 amitié entre deux camarades de classe qui passaient les concours pour le mandarinat et prône la fidélité. Autrefois, les artistes étaient de simples paysans désargentés qui devaient pourvoir à leurs costumes, instruments de musique et frais de représentation.
Au début du XXe siècle, le chèo fait son entrée en ville. Il se joue sur une scène avec des décors. Il se métisse pour répondre au goût des citadins. Le chèo modernisé fait des emprunts à l’opéra classique, adopte les chants occidentalisés et traite des sujets à la mode. Vient ensuite la tendance du chèo rénové de Nguyén Dinh Nghi (1925-1945) : elle est moins hétérogène mais s’inspire du théâtre rénové réaliste. Depuis la révolution de 1945, le chèo moderne se développe surtout dans les années 1960 (20 troupes professionnelles traitent de sujets traditionnels, historiques, populaires et modernes).
L’opéra populaire et les marionnettes sur l’eau sont un pur produit de la civilisation du delta du fleuve Rouge. Nam Dinh est une des provinces traditionnelles de cet art. Mais le chèo est un art plus raffiné. Les pièces de théâtre sont drôles, lyriques et se terminent toujours bien.

You can leave a response, or trackback from your own site.

Leave a Reply