Introduction 31

L’art des marionnettes sur l’eau

Cet art ou roi nitôc est originaire du delta du fleuve Rouge, de la province de Nam Dinh, plus précisément, et fait partie des rituels pour invoquer les pluies. Il était associé aux cultes de la fertilité, avant de devenir une distraction villageoise lors des festivals. Les pavillons sur l’eau, les thüy dinh, tels ceux de la pagode Thây (la pagode du maître, Itinéraire 9), du temple Giông (Phù Dông, Gia Lâm, Hà Nôi) ou celui de Chàng Son (Hà Tây) sont construits en dur. Mais la plupart du temps, lors des tournées, on monte provisoirement des chambres de montreurs faites de matériaux légers (bambou, bois) et facilement transportables sur les nombreuses mares dispersées dans les villages. La chambre de montreurs de la pagode Thây est la plus ancienne conservée intacte jusqu’à nos jours.

À l’ouverture du spectacle, le petit Têu (bouffon) présente le programme avec ce prélude : « Le Teu que je suis est d’origine céleste ; je suis exilé sur la terre pour avoir volé une pêche aux Immortels ; comme les affaires de ce monde sont compliquées et écœurantes, je patauge de mon mieux pour manier mes marionnettes ». Puis, avant que la fabrication des pétards ne soit interdite, la représentation débutait par un feu d’artifice et des pétards. On les remplace aujourd’hui par des roulements de tambours.

A l’instar du chèo, les pièces donnent une large place à l’imagination, à l’humour, au rire et à la satire. Le bouffon est un personnage central. Les fées dansent au son de la flûte, les dragons crachent des flammes, des phoenix glissent amoureusement sur l’eau. Elles traitent de la vie villageoise : des combats de buffles, de la pêche, de l’artisanat. Elles s’inspirent du même répertoire que le chèo, de l’histoire vietnamienne ou des romans classiques chinois.

En général, la plupart des troupes de théâtre (on en compte 15 dans le delta du fleuve Rouge) ont une histoire de fondation plus ou moins similaire. Elles ont un ancêtre du métier, le plus ancien étant Tiùf Dao Hanh, un moine bouddhiste qui vivait au XIe siècle. Il est associé à la fondation de la pagode Thây (Itinéraire 9).

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Avant 1945, les troupes de marionnettes donnaient des performances dans leur village et ceux des environs lors des festivals. Elles étaient regroupées en association et les marionnettistes étaient soumis à des règles très strictes, notamment pour garder le secret de leur art. Certaines troupes, telle celle de Chàng Son (Hà Tây), manipulent les marionnettes avec des cordes, les autres utilisent plutôt des baguettes de bambou. Les troupes n’ont pas de relations entre elles. En général, les membres de la troupe font partie de la même famille élargie. Une troupe est composée pour plus de la moitié de marionnettistes, l’autre partie de musiciens, de chanteurs, d’un présentateur et d’un chef. En plus des représentations, certains membres de la troupe fabriquent les marionnettes. Pendant les deux guerres les représentations se sont arrêtées. Puis avec l’ouverture économique, elles ont repris et ont élargi leur scène à la ville : Hà Nôi est devenue un lieu privilégié pour assister à des spectacles. Deux théâtres ont été construits à cet effet, véritables tremplins pour accéder à la scène internationale. Quatre troupes officient dans des villages de Hà Tây, une à Bàc Ninh et une à Hà Nôi.

Les jeux : une grande variété d’événements à caractère symbolique avant d’être ludiques

Autrefois les activités ludiques (Dào Hùng, 1991) visaient à augmenter l’efficacité du travail, à créer plus de confiance. Il fallait de temps en temps arrêter de travailler, les niveaux de production étaient très bas et l’impact des calamités naturelles fort. Le repos forcé s’imposait parfois.

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