Introduction 35

UN TOURISME QUI CHERCHE À SE DIVERSIFIER
Une demande croissante pour un tourisme plus culturel Une nécessaire diversification de l’offre touristique
Malgré une croissance importante et constante du tourisme international (de 250 000 touristes en 1990, ce chiffre passe à 4,2 millions en 2007), le Vietnam connaît à l’heure actuelle des difficultés pour diversifier son offre touristique et fidéliser sa clientèle. Des études ont montré que la plupart des touristes internationaux ne reviennent pas dans ce pays une seconde fois, après avoir effectué la tournée des grands sites. Depuis plusieurs années, les produits offerts aux touristes ne changent pas : toujours les mêmes circuits, les mêmes sites visités, les mêmes guides tandis que le secteur touristique est en plein boom. On assiste à une baisse de la qualité des itinéraires offerts. Pourtant la demande existe, mais l’offre ne répond pas. Toutefois, des tentatives pour développer le tourisme rural dans les villages de métier s’affirment et des projets sont initiés par le ministère de la Culture et du Tourisme, mais ces expériences sont dispersées. Par manque de connaissance des lieux à visiter et de leur localisation, de structures d’accueil locales dans un pays qui est resté fermé longtemps aux étrangers, seuls quelques rares villages de métier comme Bat Tràng (céramistes) et Van Phüc (soie), localisés à moins de 20 km de la capitale, sont fréquentés.
Le ministère de la Culture et du Tourisme chercherait par le biais du tourisme rural à assurer la sauvegarde et la valorisation des métiers artisanaux et du patrimoine architectural et culturel de certains villages. Via le programme « Itinéraire des villages de potier dans le delta du fleuve Rouge » (voir encadré p. 58), il commence à s’investir dans les événements de valorisation du patrimoine. Le ministère du Tourisme (qui a récemment fusionné avec celui de la Culture !) commence à prendre conscience de l’importance de la participation des populations villageoises dans la mise en place de programmes de tourisme culturel. Mais si les villages de métier sont considérés comme une nouvelle destination touristique, cela suppose de définir des stratégies de développement et d’y construire des infrastructures (musées locaux, magasins artisanaux, structures d’accueil), de former des guides locaux et de faire participer des artisans à ces projets. Au niveau provincial, une politique de valorisation des villages de métier est à l’ébauche, mais elle se limite pour l’instant à financer des ouvrages de construction routière et des infrastructures simples.
L’intérêt de nombreux artisans à entrer en contact avec des étrangers
Dans le contexte de l’ouverture du pays sur l’extérieur, de nombreux artisans aimeraient promouvoir leur métier et le faire connaître à des étrangers, afin de mieux apprécier leurs goûts, de créer des liens directs avec d’éventuels clients occidentaux ou d’Asie (Japon, surtout, grand acheteur de produits artisanaux vietnamiens) et éviter les nombreux intermédiaires. Ils pensent que la construction de magasins pour exposer leurs articles, l’édification de musées retraçant l’histoire de leur activité et les changements techniques seraient un moyen efficace pour attirer des touristes dans leurs villages. Mais le manque de formation de guides locaux, la faible connaissance du patrimoine de ces villages et des lieux intéressants à visiter limitent l’accès de ces villages aux touristes nationaux et internationaux.
Un intérêt partagé pour les villages de métier
Il existe une véritable demande de certaines communautés étrangères vivant au Vietnam et de Hanoiens pour connaître le patrimoine riche des villages de métier que les nombreuses boutiques artisanales dévoilent dans la capitale. La presse vietnamienne fait écho quotidiennement de cette demande, de nombreux articles sur ces villages montrent l’intérêt économique et culturel de ces villages. Les écoles vietnamiennes ou étrangères, des associations d’expatriés et des petites agences de voyage organisent fréquemment des visites dans certains des villages les plus connus des environs de Hà Nôi. Elles aimeraient diversifier ces visites et ne pas dépendre de « guides », insuffisamment formés.

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