Introduction 5

La ville au Vietnam, lieu dû pouvoir et du commerce
Dans le Vietnam traditionnel, les villes symbolisaient la présence du pouvoir et étaient considérées comme des centres religieux. Elles étaient des places d’armes, assurant la défense du territoire national, lieux de résidence du roi ou seigneur, dépositaire du mandat céleste, ou de ses représentants (Langlet Quach Thanh-Tâm, 1993). De même les mandarins, et particulièrement les eunuques, lorsqu’ils venaient se retirer dans leur village natal à la fin de leur carrière, participaient activement à la vie locale. En retour, les villageois élevaient des stèles en leur honneur (Pham Thi Thùy Vinh, 2003) (Phù Ninh, Itinéraire 2). À la différence de la Chine où les élites vivaient en ville, le Vietnam a produit une classe mandarinale qui provenait en partie de la campagne et qui, en fin de carrière, y retournait finir ses jours. De même, une fois qu’ils s’étaient enrichis à Hà Nôi, certains artisans revenaient investir au village pour acheter de la
terre ou se construire une demeure. Les riches artisans faisaient aussi des dons pour construire des édifices religieux dans leur village d’origine.

« Car la civilisation traditionnelle du Vietnam est profondément rurale. Elle ne rayonne pas de la ville vers la campagne, mais elle trouve son assise dans les villages. La fonction intellectuelle se trouve aussi à la campagne autour des lettrés. L’Etat confucéen était dans le village et la culture savante gisait au sein de la culture populaire » (Tourniau Ch., 1991J.

Autour de la citadelle de Thâng Long (ancien nom de Hà Nôi) et le long des berges du fleuve où la ville avait été construite, se trouvait le marché devant subvenir aux besoins des fonctionnaires de la Cour et de l’armée. On comptait de nombreux marchés autour du lac de l’Ouest où étaient échangés les produits des villages des alentours, notamment le marché de Bifôi spécialisé dans le papier. Près de Cau Giày, se trouvait un autre marché spécialisé. La rue Hàng Dào, la rue des Teinturiers, était aussi le site d’un marché spécialisé dans les produits en soie. Un temple, appelé Bach Bô (tissu blanc) avait été construit au numéro 47 de cette rue. Les artisans des villages de La Câ et La Khê venaient y vendre du velours, ceux de Dai Mô y vendaient différents types de soie, les brocards venaient de Van Phüc et le lïnh de Bifôi (Nguyën Thùa Hÿ, 2002).

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Les marchés urbains se trouvaient au pied des portes des différentes enceintes de Kê Cho. On en comptait huit de taille importante au xvme siècle, sans compter les marchés spécialisés, comme le marché au riz, le marché aux poissons ou encore le marché aux grenouilles. Devant les embarcadères du fleuve Rouge, se tenaient des petits marchés ; la saumure, le sel et le sucre se négociaient dans les actuelles rues du même nom (Hàng Mam, Hàng Muôf, Hàng Biïcfng) situées à proximité du fleuve.
Cependant, la doctrine confucéenne, centrée sur la société rurale, dévalorisait l’activité marchande, ce qui a limité l’émergence d’une bourgeoisie commerçante et industrieuse. Les marchands occupaient la dernière place dans la hiérarchie du labeur : « lettré, paysan, artisan, négociant » (Papin P., 2001).

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