Introduction 6

Les activités reliées aux marchés ruraux et aux carrefours de communication
La création et le développement des villages artisanaux, dans une plaine largement maillée par une multitude d’axes fluviaux, ont dynamisé la croissance de marchés villageois dans le Kinh Bac, à l’est de Hà Nôi, et renforcé une culture du commerce et des réseaux. Dans les villages de Phù Lifu, Dinh Bàng, Dông Ky, Tràng Liêt et Phù Ninh se tenaient de grands marchés aux XVIIIe et XIXe siècles. Une stèle de la pagode Doan Minh dans le village de Thô Hà village (Itinéraire Ibis), érigée en 1693, rappelle que :
« au cours de la dernière dynastie, notre village avait déjà un embarcadère pour son marché bouddhiste, qui se tenait 12 fois par mois. On y vendait de la faïence et de la céramique : les marchands amoncelaient leurs articles, richesse et marchandises circulaient librement et abondamment. Chaque foyer avait son propre four pour fabriquer des outils et on célébrait un festival chaque automne ».

De même, le portail du village de Phù Liïu, site du marché Cho Giau proclamait :
« C’est ici que l’on trouve tous les biens et produits du district de Dông Ngàn, le plus grand marché de la province de Bac-Ninh » (Pham Thi Thùy Vinh, 2003).
A l’époque, Phù Lu’u comptait plus de 30 maisons de commerce faisant négoce de cuivre, d’étain, de céramiques, d’étoffe de soie, de nattes, de sésame, de coton, de charrues, de bétail et de produits agro-alimentaires transformés. Contrairement aux marchés villageois des environs, la plupart des articles vendus à Cho Giau étaient produits pour la vente par des foyers des villages spécialisés. Les marchands de Tràng Liêt y vendaient des produits en bronze et en cuivre de Dai Bai ; les céramiques venaient de Thô Hà, Phù Lâng et Bât Tràng ; les tissus, des villages de tisserands de TtfOng Giang et Dinh Bâng ; les marchands de Dông Ky y vendaient des buffles ; l’alcool de riz provenait de Quan Do, Câm Giàng et Vân, et les socs de charrue et autres outils agricoles en acier de Da Hôi et Dông Xuât (DiGregorio M., 2001). Les gens du Kinh Bac étaient fortement engagés dans le commerce entre le delta et les zones montagneuses, ainsi qu’entre le delta et la capitale Kê Chef. Les commerçants de Trâng Liêt (village voisin de Dông Ky) allaient s’approvisionner très loin en cuivre qu’ils revendaient dans les marchés villageois ou ceux de la capitale (Pham Thi Thùy Vinh, 2003).

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Les marchés spécialisés sont d’ordinaire liés à des villages d’artisans. Chaque marché portait le nom de sa spécialisation (bétel, riz, soie…) : Chü Trâu, Cho Gao, Cho Tb Lua. Thô Hà s’était taillé depuis très longtemps une grande réputation pour la poterie. Au XVIIIe siècle, dans la cour même de la pagode de ce village, se réunissait jusqu’à douze fois par mois un marché spécialisé dans ce genre d’articles. Depuis le XVe siècle, le village de Bat Tràng, sur la rive gauche du fleuve Rouge, s’était fait lui aussi un nom pour sa poterie et ses faïences disponibles sur un marché qui se réunissait deux fois par jour. Il était installé sur les berges et attirait de nombreuses jonques marchandes. Les marchés des communes de Nôi Dô, du district de Yên Phong, et de Dai Bai étaient respectivement connus pour le produit de leurs forges (aiguilles à coudre, chaînes en fer), et pour les fonderies en bronze. Beaucoup de villages artisanaux avaient installé sur leur territoire des marchés pour écouler leurs produits. Mais aucun d’eux ne pouvait prétendre se spécialiser dans un seul article (Nguyën Dùc Nghinh,1993).

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