Introduction 8

La vannerie, la sculpture sur bois et l’incrustation de nacre sur le bois, ont bénéficié d’un large support de l’Etat et des provinces. Des coopératives dispensaient des cours de formation aux paysans des alentours des villages artisanaux les plus célèbres — Phü Vinh (Itinéraire 8) pour le tressage du rotin, Phù Khê et Thiét Ung (Itinéraire 1) pour la sculpture sur bois, Quât Dông (Itinéraire 6) pour la broderie… pour qu’un volume suffisant de travailleurs puisse assurer les commandes du vaste marché de l’Europe de l’Est. De grands maîtres artisans furent réquisitionnés par l’Etat pour former une armée de nouveaux artisans. L’Etat prenait en charge les commandes, la commercialisation des matières premières et des produits. La transmission des savoir-faire s’opérait par l’apprentissage, la formation et la transmission inter générationnelle au sein de la famille.
Le tressage du rotin, initié à l’origine à Phü Vinh, s’est diffusé dans tous les villages de la commune de Phu Nghîa et les communes environnantes ont commencé à s’intéresser à ce métier. Les gens venaient apprendre le métier au sein des ateliers de production comme apprentis pendant deux mois. Vers 1970, les habitants des communes de Triïdng Yên, Trung Hôa, Dông Phifofng Yên, Ninh Sà (Thu’cfngTin) ont invité des artisans renommés de Phü Vinh pour qu’ils leur enseignent leur savoir.

Dans les années 1960, grâce aux cours dispensés par quelques artistes-sculpteurs au sein des coopératives des villages de Thiét Ûng, Phù Khê et Kim Thiêu, le nombre d’artisans a rapidement crû. De quelques dizaines dans les années I960, ces coopératives comptaient à la fin des années 1970 entre 100 et 150 membres. Les revenus des artisans de ces coopératives étaient plusieurs fois supérieurs à ceux des agriculteurs.
Ha Thâi (Itinéraire 5), le nouveau centre de la laque de Hà Tây, est parvenu à prendre la relève du berceau du métier, Binh Vong, suite à la mise en place d’une coopérative dans les années 1960. Un professeur des Beaux Arts de Hà Nôi, originaire du village, y est revenu pour participer à la fondation d’une coopérative avec son frère. Il a organisé des cours de formation pour plusieurs dizaines de villageois. Les paysans du village voisin de Duyên Triicmg quittèrent ainsi l’agriculture et intégrèrent la coopérative artisanale.

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Cependant, la désorganisation, la mauvaise gestion, le manque de suivi de la qualité, et surtout les faibles salaires versés aux coopérateurs dans la plupart de ces entreprises n’ont pas réussi à valoriser tout ce savoir-faire transmis aux paysans par les maîtres artisans. Dans la coopérative de laque de Ha Thâi, forte de 700 habitants dans les années 1980, il fallait six mois pour produire un article. Parfois on leur retournait la marchandise car elle n’était pas de bonne qualité. Les artisans réputés ne pouvaient pas mettre en valeur leurs talents et leur créativité : les modèles étaient imposés par l’État et il fallait uniquement les dupliquer. Certains villageois entraient dans la coopérative uniquement pour avoir du riz.
Des coopératives spécialisées dans le tissage ont été mises en place pour approvisionner en tissu les magasins de l’État. Des métiers à tisser plus larges que ceux traditionnellement employés ont été distribués aux tisserands qui parfois travaillaient à domicile. Certaines femmes ont essayé de maintenir le métier de façon clandestine, mais rencontraient de nombreuses difficultés pour s’approvisionner en fils, dont la commercialisation était monopolisée par l’État. A la fin des années 1980, quand le marché des pays des l’Europe de l’Est s’est effondré, les coopératives ont dû fermer et les artisans se sont trouvés sans débouchés.
Les activités sacrifiées par le coopérativisme
Que ce soit dans le domaine des objets d’art ou de celui d’objets destinés à la vie quotidienne, les coopératives ont causé le déclin d’un certain nombre d’activités. Thô Hà (céramique de grande qualité), La Khê (soieries de luxe) ou le textile de qualité moyenne, sont des exemples typiques.

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