Voyage aux villages de métier au Vietnam 1

Avant d’arriver aux deux groupes de village:, à visiter sur ce premier itinéraire, une escale est fortement recommandée chemin faisant, afin d’apprécier les richesses architecturales, culturelles et cultuelles de Dinh Bâng, un village célèbre, localisé à l’écart de la route principale entre Hà Nôi et Bac Ninh. Cette halte – facultative toutefois – vous accorderait la chance d’apprécier le contraste étonnant entre l’ambiance industrielle de la commune aux abords de la grande route (nationale 1 A) et la félicité intemporelle dans ce site de temples ouverts sur les rizières, le dos tourné au XXIe siècle…

DÎNH BÂNG ET SES ÉDIFICES HISTORIQUES
COMMENT ALLER À DÎNH BÂNG ?

Pour sortir de Hà Nôi, traversez le pont ChiïOng DifOng à l’est et continuez tout droit jusqu’au carrefour de l’autoroute qui mène à Hâi Phông. Prenez sur la gauche la nationale 1A en direction de la ville de Bac Ninh. Continuez tout droit et traversez le pont de la rivière Duông. Au km 16 (indiqué sur une borne le long de la route), vous entrez dans la commune de Dinh Bâng, très industrialisée le long de la route. Vous passez cette zone industrielle appelée Phô Môi (nouveau quartier). Vous verrez un panneau qui indique que le dinh (maison communale) se trouve à 500 mètres sur la droite après avoir traversé le cœur du village (en fait c’est plutôt un kilomètre !). De ruelles en ruelles de plus en plus étroites, vous atteindrez ce magnifique monument complètement encerclé par le marché et les habitations très resserrées.

Dinh Bâng est depuis très longtemps un village prospère, bien connu dans le delta du fleuve Rouge. C’est le berceau de la dynastie des .rois Lÿ (xic-xmc siècles), dont les huit rois seraient enterrés dans les environs du village. La légende veut que les dépouilles royales soient déposées sous des tertres funéraires disposés dans les rizières du village : le roi Lÿ Thai Tô aurait souhaité se reposer dans un simple tombeau de terre recouverte d’herbe de pâturage, pour que les enfants surveillant les buffles se souviennent des rois Lÿ. On raconte que ces simples sépultures royales étaient placées dans une forêt, la forêt Bâng, située autrefois au centre du village. Malheureusement, les dernières traces de cette forêt ont disparu au début du XXe siècle, et l’on ignore à présent l’emplacement des restes royaux ; à vous de chercher ! Une carte dans l’enceinte du temple Dô indique la localisation des tombeaux, mais elle serait plus virtuelle que réelle. Le joyau architectural de Dinh Bâng, en cours de réhabilitation lors de notre passage : c’est le dinh.

Le dinh de Dinh Bâng est l’un des plus célèbres du Kinh Bac, l’ancienne région dont fait partie l’actuelle province de Bac Ninh, pourtant fort riche en patrimoine architectural. Un vieil adage raconte que :
Dans la classification des maisons communales, Dông Khang vient en première place, ensuite Dinh Rang en deuxième, tandis que Diêm occupe une troisième place honorable.

Le dinh de Dông Khang n’est que poussière depuis belle lurette, ce qui promeut celui de Dinh Bâng jusqu’à la première place du hit-parade – et le visiteur ne sera pas déçu : c’est un très beau bâtiment, qui impressionne par sa taille, l’originalité de sa construction, sa richesse de détails et son emplacement dégagé dans le village.

Construite au début du xnT siècle par un mandarin, Nguyën Thac Liiçfng, la maison communale était un cadeau offert à son village de naissance pour y célébrer le culte de trois génies tutélaires (le Génie de l’Eau, le Génie de la Terre et celui des Récoltes). Contrairement à bien d’autres vieilles constructions à Dinh Bâng et ailleurs, elle a survécu à l’usure du temps, aux incendies, aux intempéries, aux insectes divers et même à la guerre : en 1954, les forces coloniales françaises, battant en retraite (laquelle allait d’ailleurs s’avérer définitive) ont enchaîné leurs chars d’assaut aux colonnes de la maison, tentant de la faire écrouler. Heureusement pour la postérité, la maison ne s’est pas laissée démonter.
Remontons au XVIIe : épaulé par sa femme Nguyën Thi Nguyên, Nguyën Thac LiïOng a d’abord piloté la construction de trois plus petites maisons dans le village en préparation à leur chef-d’œuvre. L’une de ces maisons, destinée à être la maison familiale du mandarin retraité, existe toujours et peut également se visiter depuis sa rénovation récente avec l’aide d’experts japonais.

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La maison communale est l’un des pôles essentiels de la vie villageoise. Une expression imagée vietnamienne se traduit par : « Aussi grande qu’une maison communale », qui évoque un bâtiment aussi imposant et aussi présent dans la vie quotidienne que l’église gothique au cœur de certaines bourgades européennes au Moyen Âge. Les annales historiques témoignent de l’existence de maisons communales au Vietnam depuis le XVe siècle, mais les exemples les plus anciens encore debout à ce jour sont du XVIe siècle. Ces maisons classiques furent construites en bois massii avec de grandes et lourdes toitures en tuiles. On a continué à ériger des dinh, même au XXe siècle, mais on ne peut plus se permettre de construire des édifices aussi grands et ornés avec des matériaux aussi dispendieux.
Chaque village au Vietnam a normalement sa maison communale. C’est généralement la structure la plus grande du village, et le point focal de l’identité et la fierté communautaires, qui remplit les foanctions suivantes :
• un endroit voué au culte du (des) génie(s) tutélaire(s) du village ;
• un lieu de rencontre, où les gens se réunissent afin de discuter des affaires de la vie villageoise ;
• une structure pour accueillir des festivals, des fêtes et des performances de toutes sortes, comme le tuông (opéra classique vietnamien), le ebèo (opéra populaire vietnamien), le quart ho (duos de chant amoureux : voir encadré P-91) ou même les roi nUôc (marionnettes sur l’eau : voir explications dans la première partie).
Les autres grands bâtiments publics traditionnels, également (et avant tout) des lieux de culte, sont la pagode (chiia), dédiée au culte du Bouddha, et le temple (déri), dédié à des personnages déifiés de tout acabit, que ce soit d’anciens rois, des héros militaires, des martyrs divers ou des savants bienfaiteurs (voir 1er partie ).

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