Voyage aux villages de métier au Vietnam 10

Une promenade dans Phù Khê
Une fois passé le pont qui enjambe la petite rivière Ngû Huyên Khê et marque la limite entre les villages de Dông Ky’et ceux de Phù Khê, on observe sur la gauche une nouvelle zone d’ateliers, en grande partie occupés par des artisans de Dông Ky. Sur la droite des rizières partiellement inondées serviront de site industriel pour délocaliser la production du cœur villageois lorsque les problèmes fonciers seront résolus. On peut visiter une petite pagode, Chùa Vïnh Loi, qui se trouve au bord de la route, une fois passée la première intersection. Remarquez la présence du banian, symbole de la société vietnamienne trois fois millénaire (et arbre avec ses fascinantes racines adventives, hanté par les génies bienfaisants, contrairement au faux-cotonnier qui, lui, n’abritant que des fantômes malfaisants, terrorise les petits enfants… ) et le petit plan d’eau devant la pagode.

Prendre la rue sur la droite qui mène à la place du village. Sur la droite de la place tout d’abord le dinh, de petite taille et récemment restauré qui fait face à un large plan d’eau. À côté, le nhà thà ho de la famille Lê. La rue qui traverse le village est bordée par de nombreux édifices anciens, symbolisant l’ancienneté, la richesse et le savoir-faire de ce village de sculpteurs dont l’origine remonterait à plus de mille ans sous la dynastie des Lÿ. Les artisans les plus talentueux ont participé à la construction des pagodes les plus célèbres (pagode Dâu et pagode Dam) ainsi que le dinh de Dinh Bàng que vous avez eu l’occasion de visiter plus tôt. Leur spécialité : la sculpture des animaux et plus précisément des dragons, un des quatre animaux mythiques sacrés.

On passe devant la place du marché (à gauche) en face duquel un petit miê’u abrite le génie de la terre du hameau et où un espace de repos a été construit pour les villageois. La rue s’ouvre de part et d’autre par des impasses où le staccato des machines à couper le bois, des scieuses… nous rappelle la vitalité de ce village au riche patrimoine architectural. Essayer de vous perdre dans ces ruelles où vous verrez la division extrême du travail entre les ateliers : certains ne produisent que des pieds de chaises, tandis que d’autres s’affairent autour des plateaux de tables incrustés de nacre. A vous de jouer aux Legos !

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Une grande partie des ateliers localisés à gauche de la rue principale sont récents et ont été bâtis sur d’anciens étangs que l’on a remblayés. La conquête de l’espace a accompagné la transformation de ce village dynamisé par la proximité de Dông Ky. Plus loin, sur la droite, le petit nhà thà ho de la famille Nguyên. Puis sur la gauche, un autre dinh de petite taille, précédé par un plan d’eau. Ouvert sur les rizières à perte de vue, cet édifice est d’une grande beauté et les sculptures fines et laquées montrent le talent des artisans du lieu. Si vous avez la chance de trouver le gardien du dinh, il pourra vous l’ouvrir en dehors des jours de célébration des ancêtres (le 1er et le 15e jour du mois lunaire). Pour la petite histoire, pendant la guerre contre les Français, ce lieu a servi de cachette aux Viêt Minh (dans le faux-plafond installé sur les grandes charpentes). Il a été ensuite détruit par les villageois de peur que la garnison française, stationnée dans la ville de Dông Anh toute proche, n’en fasse son QG. Il a été reconstruit à l’identique en 2002, selon la mémoire des vieux ! et grâce aux cotisations des villageois.
Si vous continuez tout droit vous arriverez à l’imposante pagode de Phù Khê Thuong, Chùa Ong Hong An, toute rutilante, reconstruite en 2006. Sa destruction fut l’œuvre de la guerre, soit des Viêt Minh, soit des Français ! Un Bouddha immense de plus de 15 tonnes veille sur les fidèles. Cette pagode était autrefois très célèbre dans la région.

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