Voyage aux villages de métier au Vietnam 102

Une promenade dans Chuyên Mÿ
Deux axes parallèles pour visiter ces villages
A l’aller, prenez la route qui traverse les villages en enfilade ; et au retour passez par la digue. Cette route est moins pittoresque que la première, véritables coulisses des ateliers les plus polluants tournés vers la rivière.
On vous suggère de commencer la promenade par la coopérative Ngo Ha. Traversez le pont sur la rivière Nhuê, et prenez la route-digue sur la gauche. Vous longez la rivière pendant environ 300 m. Elle a perdu son caractère romantique tant chanté par les bardes, et véhicule vers la mer les eaux noirâtres des égouts hanoïens. Sur la droite des étangs, une rue qui descend de la route- digue s’ouvre sur la droite. À 100 m, prenez la rue à gauche. Au bout de 50 m sur la droite, une enseigne vous indique que vous êtes enfin arrivés chez Mme Nguyên Thi Vui au village de Thôn Ngo.
C’est une coopérative « privée », installée dans une très belle maison traditionnelle, qui peut être visitée. Vous y verrez les différentes étapes de la production des objets en bois incrustés de nacre. Un magasin offre aux visiteurs une grande variété d’objets artisanaux en laque et en bois. Cette coopérative, seul vestige de l ’époque collectiviste, est dirigée d’une main de fer par Mme Vui. En plus de faire travailler une centaine d’ouvriers et d’apprentis et d’assurer la vente des produits de nombreuses familles du village, celle-ci organise des cours de formation à l’art du laque et de l’incrustation de nacre pour des apprentis de 15 à 20 ans et des jeunes handicapés de la province. Elle a un projet pour s’occuper des enfants des invalides de guerre ! Elle est la seule entreprise formelle de la commune à avoir la capacité juridique d’exporter.
Puis, on vous suggère d’aller à Bôi Khê. Tournez à droite en sortant de la coopérative et dirigez- vous vers le centre de Thôn Ngo. Au bout de 300 mètres environ, une ruelle part sur la droite, un peu en biais, et sort du village. On traverse les rizières pendant un peu plus d’un kilomètre, non sans avoir enjambé un pont au dessus d’un canal et croisé de nombreux étangs où s’agitent des canards.
Dans le village de Bôi Khê, vous trouverez de nombreux ateliers spécialisés dans l’art du laque, l’incrustation de coquilles d’œufs, des fabricants de baguettes incrustées en nacre pour attraper les aliments… Vous verrez des paniers de coquilles d’œufs sécher au soleil ! Il est possible d’acheter des objets joliment décorés chez M. Tifcfng Sinh. Si vous avez la chance d’être invités à franchir le pas d’une de ces belles maisons anciennes, vous aurez l’occasion de voir la beauté des meubles sacrés en laque. Bôi Khê était réputé pour ses artisans laqueurs itinérants qui, de Hà Nôi à Hué ou Saigon entretenaient le mobilier de la Cour royale ou des riches bourgeois, avant que le collectivisme ne sonne le glas de ce marché politiquement incorrect.
Pour continuer la visite, il faut retourner jusqu’à la coopérative de Mme Vui. De là, vous pouvez aller visiter le temple dédié à TriïOng Công Thành, sacré ancêtre du métier dans le village de Thon Ngo. Vous continuez tout droit la rue et à 50 m, de la coopérative, niché au fond d’un jardin, se trouve le temple. C’est cette rue qui traverse en enfilade quatre des villages de la commune et que vous allez suivre pendant votre périple entre nacre et menuiserie.
La balade s’étire sur un kilomètre : le premier village au nord de Thôn Ngo est Thôn Trung, dont la limite est marquée par un très beau portail ancien, puis Thôn Thuo’ng, spécialisé dans le traitement de la nacre (voir carte p. 243). Ces deux villages comportent chacun une église. Celle de Thôn Thu’Ong, plus monumentale, s’ouvre sur une grande esplanade.
De la rue, il est possible de voir les artisans et leurs ouvriers travailler la nacre, l’incruster au milieu d’un nuage de poussière de nacre ou de bois. De nombreuses boutiques vendent des pièces déjà prédécoupées de toutes formes, et aussi des boutons de mercerie. Dans les ruelles perpendiculaires, des ateliers plus imposants avec des cours envahies de matériaux bourdonnent comme des ruches au son des scies sauteuses, des perceuses, des ponceuses… A Thôn ThuOng, des eaux blanchâtres sortent des ateliers et sont évacuées vers les canaux d’irrigation. Plus industriel que Thôn Trung, ce dernier village est intéressant sur le plan des techniques. Vous pouvez terminer la promenade, après une petite pause dans le jardin de l’église de Thôn Thuçfng, par la route digue qui longe le fleuve et rejoint le pont par lequel vous êtes arrivés.

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