Voyage aux villages de métier au Vietnam 11

DÜONG Ô, CHÂM KHÊ ET LE CLUSTER DU PAPIER
COMMENT Y ALLER ?
Retournez à la route nationale 1 et tournez à gauche, en direction de la capitale provinciale, Bàc Ninh. Au km 24, vous traversez la ville de Lim, cité administrative où se déroule le festival de quan ho de Lim (voir p. 90). Encore environ un kilomètre et vous arrivez dans le village de Xuân O. Le nom du village est indiqué sur les enseignes des magasins. Sur votre gauche, une route entre dans la commune de Phong Khê à laquelle appartient DifOng O. Si vous arrivez jusqu’au pont de l’autoroute qui traverse la nationale et que vous voyez un panneau « sens interdit» sur le côté gauche de la route, qui à cet endroit devient à double voie, c’est que vous êtes allés trop loin. Retournez sur vos pas. A environ 600 m, se trouve la première entrée du village de DifOng O. Vous passez la voie ferrée (la même que celle pour aller à Dông Ky) et entrez dans le royaume du papier !

LE CONTEXTE
DifOng O est un village de métier traditionnel dont l’activité, la fabrication de différentes variétés de papier dô, produit à partir de la fibre du rhamnoneuron, arbre que l’on trouve dans les provinces montagneuses qui surplombent le delta, remonterait à plusieurs centaines d’années. Il a supplanté la production des villages de Bifôi et de Yên Thâi localisés au bord du grand lac de l’Ouest (à Hà Nôi) (voir encadré dans première partie, p .28-29), maintenant intégrés dans la capitale. DifOng Ô alimentait les villages du haut delta par l’intermédiaire de marchés spécialisés en papiers de qualités variées [écriture des édits royaux, papiers votifs (Làng Côt), estampes (Dông Hô), fabrication de pétards (Binh Da), ou plus tardivement pendant la révolution, rédaction des tracts et des journaux révolutionnaires]. La période collectiviste amorça un début de reconversion et de participation à l’effort de guerre du village par l’intermédiaire des coopératives artisanales, puis des groupes de production (voir première partie, p. 21).

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Depuis l’ouverture économique, la production de papier dô est en déclin face à la fabrication mécanique de papier machine ou papier toilette. Les artisans de Du’Ong O ont mieux réussi à diversifier leur production que ceux des autres villages. En 1994, le gouvernement a interdit la fabrication des pétards, ce qui a entraîné le déclin d’une activité papetière pluri-séculaire. Mais les artisans de ce village dynamique ne se sont pas laissés abattre. Ils se sont engagés dans un processus de modernisation et de mécanisation de leur activité et ont élargi leur marché (papier toilette, papier kraft, papier machine et dans une moindre mesure, papier votil). En 2003, la commune de Phong Khê comptait 125 chaînes industrielles de production ayant une capacité de 300 à 2 000 tonnes/an. Ce processus ne s’est pas fait sans dégât : et vous le constaterez en vous promenant dans le village et surtout le long de ce qui fut le centre névralgique du village, la rivière Ngü Huyên Khê. Il reste cependant une poignée d’artisans qui fabriquent du papier dô, et le papier destiné aux objets votifs. La faible production de ce papier artisanal est destinée principalement aux artistes.

Il y a trois autres villages rapprochés dans ce cluster de fabrication de papier : en longeant le bord de la rivière Ngü Huyên Khê vers le nord-est à partir de Du’Ong O, on arrive à Dào Xa. Continuant vers le nord, l’on se trouve à Châm Khê. Dans ce village, la production de papier est beaucoup moins mécanisée qu’à DifOng O. On trouve ici un plus grand nombre de producteurs àzgiây dô (papier dô) et de papier destiné à la fabrication d’objets votifs.

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