Voyage aux villages de métier au Vietnam 112

LƯU THƯỢNG
Lifu ThifOng (connu traditionnellement comme Giau Të), un village de la commune de Phü Tüc (district de Ûng Hoà), est le berceau de la fabrication des objets en osier (l’herbe të) depuis plusieurs siècles.
COMMENT Y ALLER ?
Une fois dépassé le village de Cau Bau, vous continuez tout droit en longeant le canal que vous aurez traversé avant d’atteindre ce dernier village. Au bout d’un kilomètrwe environ, vous verrez sur votre droite une grande entreprise la Phü Ngoc Handicraft Export Co Ltd, dirigée par M. Nguyën Van Ngoc, un des premiers artisans à avoir ouvert le village sur le marché international capitaliste. Vous verrez de nombreux paniers en osier sécher le long de la route à proximité de son entreprise. Puis, tournez dans la petite route à droite. Encore un kilomètre et demi et vous êtes arrivés à Lifu Thiiçfng. Le portail du village se trouve à gauche.
LE CONTEXTE
La légende locale veut qu’au XVIIe siècle, le hameau de Giàu Té fut envahi par les herbes sauvages. Un homme s’y installa et commença à tresser ces herbes pour fabriquer des articles destinés à la vie quotidienne. Il enseigna aux habitants les techniques de ce métier. Après sa disparition, les gens l’appelèrent Nguyën Thâo Lâm, ce qui signifie « plante de la forêt », et lui donnèrent le statut de saint patron du village. Chaque année, on lui rend hommage au temple du village de Lifu ThifOng. Cette herbe est une grande découverte, puisqu’elle existe en abondance un peu partout dans les zones montagneuses et n’est pas chère. On peut aisément remplacer le bambou ou le rotin par l’osier : l’herbe te.

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LE MÉTIER
A l’origine, les villageois fabriquaient surtout des paniers et des corbeilles en osier, ainsi que des sacs façonnés avec les fibres de cette plante miracle. Encore jusqu’aux années 1980, les ustensiles en plastique étaient rares et chers au Vietnam. Les artisans du village ont noté avec surprise le succès remporté par ces objets simples et rustiques auprès des premiers étrangers à revenir au Vietnam et ont réagi en conséquence. Depuis 1988, avec l’ouverture du marché, la production des objets en osier s’est diversifiée.
Pour faire face à la demande croissante en produits tressés, les habitants de Lifu ThifOng se sont mis à fabriquer des produits plus fantaisistes : petits paniers et corbeilles en forme d’animaux, valises rétro de toutes tailles, formes ludiques et décoratives… Un autre événement déterminant pour le développement de cette activité fut la décision, après maintes réticences et atermoiements, de diffuser les techniques de tressage dans les sept autres villages de la commune de Phü Tüc. Par la suite, on a établi 40 groupes de production pour aller se procurer de l’herbe en quantité suffisante dans les régions montagneuses. Comme le tressage de l’herbe tërequiert du savoir-faire spécifique par rapport au tressage du bambou et du rotin, les artisans de Phü Tüc en détiennent le monopole. Cet artisanat est devenu une industrie florissante. Plusieurs compagnies établies dans cette commune exportent désormais un peu partout dans le monde. On peut observer des ateliers qui vont du plus rustique jusqu’à une production semi-industrielle.
Un lien historique rattache Giàu Të/Liïu ThifOng à Chuông, le village des chapeaux coniques sur ce même itinéraire. Jusqu’à une vingtaine d’années, les fibres des tiges d’osier dévidées servaient à coudre les chapeaux en feuilles de latanier : ceux qui les préparaient à Giau Té allaient les vendre au marché de Chuông (recommandé plus haut). Depuis cette époque, des fils en nylon ont remplacé les fibres d’osier, mais les tresseurs de l’herbe të ont trouvé des façons pour utiliser la tige entière.
Il y a également une relation actuelle entre les villages de Phü Tüc et une autre commune sur ce même itinéraire, notamment Quâng Phü Cau, productrice de bâtons d’encens. Ces techniciens de la fumée parfumée font affaire avec des petits artisans de Lifu ThifOng et d’autres villages, sous-traitant le travail pénible du débitage des baguettes de bambou pour pouvoir par la suite les enduire d’encens.

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