Voyage aux villages de métier au Vietnam 119

Les bonzes font la pluie ou la revanche de la momie
Un moine nommé Nguyén Lu, ou (Nguyën) Binh An, appelé par la suite Dite Thành Bôi, ou Saint Bôi, vivait et officiait à la pagode Tràm Gian sous la dynastie des Titan (xiv1-‘ siècle). Saint Boi est également vénéré à la pagode de Bôi Khê dans le village du même nom, pas très loin d’ici dans le district de Thanh Oai (voir p. 267). La légende veut que ce moine eût des pouvoirs surhumains, pouvant faire tomber la pluie ou conjurer le vent à volonté. Dans la pagode principale en haut de la colline, vous pourrez admirer sa statue (dans un coffre en bois), qu’on dit être sa dépouille, momifiée et laquée (voir aussi p. 219, encadré intitulé « Le Retour de la Momie »).
On raconte qu’au xvL siècle, des envahisseurs chinois mirent la pagode et ses adeptes à feu et à sang. Ranimé jusque dans l’Empire des Ombres par cet acte de profanation des sbires de l’Empire du Milieu, le fantôme du moine aux pouvoirs occultes riposta, provoquant des trombes de pluie (rouge comme le sang) qui s’abattirent trois jours et trois nuits durant autour de Nui Chùa, engloutissant les militaires Ming dans la vase…

CHÜONG MŸ : TOUS DANS LE MÊME PANIER !
COMMENT ALLER VERS LES VILLAGES DE VANNIERS DU DISTRICT DE CHlfCfNG MŸ
Reprendre la route par laquelle vous êtes venus et à la hauteur du âinh du village de Tiên Liï, bâtiment qui sert aussi de bureaux pour le Comité populaire de la commune, tournez à droite. Au bout de 2,5 km, vous retrouverez la route nationale 6, que vous prendrez à droite pour aller vers la commune de Phü Nghia (Chu’üng Mÿ). Après avoir dépassé sur votre gauche la grande zone industrielle du même nom, bien à l’abri derrière une gigantesque barrière, et annoncée par un panneau assez futuriste, au kilomètre 25, vous trouverez à droite l’entrée de la commune de Phu Nghla. Cette commune comporte plusieurs villages, mais le plus intéressant est celui de Phü Vinh qui se trouve à environ un kilomètre de l’entrée (voir p. 285).

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Ce district localisé au pied des collines de l’ouest du delta est spécialisé dans les activités de vannerie; à base de rotin ou de bambou. Sur les 32 communes que compte ce district, 18 s’adonnent au tressage de fibres végétales, regroupées au sein de 54 villages de métier. Ils occupent plus de 35 000 artisans. Ces villages sont organisés sous forme de clusters. Le plus gros cluster s’organise autour de la commune de Phu Nghia (plus de 4 000 artisans) et de celle de Dông PhifOng Yên (presque 3 000 artisans) qui s’est mise à la vannerie plus récemment. Deux communes localisées de l’autre côté de la route nationale 6 pratiquent la vannerie, Triïüng Yên et Trung Hôa.
Cette activité est relativement récente. En 1936, le géographe français Pierre Gourou ne mentionne que deux villages spécialisés dans le tressage du rotin – Phü Vinh, dans l’actuelle commune de Phü Nghia, village-mère de cette activité dans la zone, et Nghia Hâo – et un spécialisé dans celui de bambou, Yên Kiên.
La situation des villages de la vannerie évolue très rapidement. En 2004, il existait encore peu de ces grandes entreprises qui sont désormais installées le long de la nationale 6. Le gros de l’activité se déroulait dans les habitations villageoises et dans les cours. Depuis le début de l’année 2008, des zones industrielles ont émergé le long de la route, répondant à la fièvre foncière de cette province qui vient de perdre son nom en étant intégrée dans la grande province de Hà Nôi. Ces entreprises de taille importante, gros cubes informes, enferment des centaines de petites mains qui tressent, poncent, vernissent, découpent et font les dernières finitions avant d’emballer. C’est le début de l’industrialisation « moderne » à la recherche de la standardisation et les premières manifestations de la fin d’un système de sous-traitance qui occupait des milliers de villageois dans cette province depuis des siècles.
Mais ne pleurons pas, il reste encore des ateliers villageois qu’il est possible de visiter. La grande industrie ne peut pas se passer d’un minimum de sous-traitance pour le tressage, même si elle tente progressivement de s’en émanciper. Toutefois, un sentiment de baisse de l’activité flotte dans l’air comme une odeur de bambou brûlé… La ruche artisanale encore existante il y a quelques années ne bourdonne plus : seul un bruit feutré semble filtrer de derrière les murets des maisons. Il y a une réelle dispersion de l’activité. En période de récolte du riz, ce n’est même pas la peine de venir, les maisons sont vides et l’activité artisanale en berne. À l’ombre des grandes entreprises, l’activité, quant à elle, continue, mais derrière les grilles surveillées par des gardiens.
Nous avons choisi trois communes à visiter :
• Phu Nghîa où se trouve le village de Phü Vinh (spécialisé dans le rotin) et berceau du métier;
• Dông Phifcfng Yên, où se trouvent les villages de Dôi Ba et de Yên Kiên (spécialisés dans différents types de bambou);
• Triicfng Yên, où se trouve le village de Phü Yên (spécialisé dans 1 zgiang, un type de bambou fin).

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