Voyage aux villages de métier au Vietnam 121

PHÜ VINH
L’HISTOIRE DU BERCEAU DU METIER
Une origine lointaine
« Il était une fois, perdu parmi des pics karstiques, entre pagodes rupestres et plaines plus palustres que lacustres, un rustre aux doigts de fée qui s’ennuyait dans une bambouseraie… ».
Le tressage du bambou dans la province de Hà Tây daterait du XVIe siècle et aurait été initié dans ce village. On le devrait à M. Nguyên Van Soi, qui vient tout juste, en 2008, d’être reconnu comme l’ancêtre du métier par le Comité populaire local. L’ancêtre, né ici au XVIe siècle aurait appris, à l’occasion d’un séjour avec son père (un auguste mandarin) dans la province de Thanh Hoa, le métier de fabrication des produits en bambou1. À son retour à Xô?n Thifçfng (un hameau de Phü Vinh, dit « des cigognes blanches »), il exerce ce métier dans sa famille, le transfère à ses enfants et l’enseigne aux jeunes de son lignage. Phü Vinh et les autres villages des alentours, dans une région basse, parsemée de petits monts karstiques, étaient à cette époque souvent inondés et donc très riches en poissons et crevettes. Les habitants avaient un grand besoin d’outils en bambou pour la pêche (nasses, paniers…) en plus de ceux destinés à la vie quotidienne et à la production agricole. Et ils avaient surtout besoin d’une autre activité, car la riziculture n’était pas très développée dans cette zone à la topographie capricieuse.
Au début, les descendants de l’ancêtre du métier fabriquaient des produits en bambou, en fibres et herbes diverses qui poussaient le long des chemins afin de subvenir à leurs besoins, tout en vendant les surplus aux villages voisins. On fabriquait même des chapeaux avec les plumes des cigognes.

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Mais le lignage de l’ancêtre tenait à garder secret ses techniques pour s’assurer le monopole de la production. Puis, avec l’élargissement du marché (marchés locaux, le marché de Dông Xuân à Hà Nôi avec ses intermédiaires chinois, marchés des provinces avoisinantes) la production s’est développée. Les membres du lignage ont dû diffuser le métier aux habitants du village.
Au début des années 1700, le bambou devint le matériau de choix pour les objets d’art. En 1712, une œuvre en quatre panneaux représentant les plantes symbolisant les quatre saisons (abricotier, pin, chrysanthème, bambou moso) fabriquée par les artisans du village de Phü Vinh fut offerte au roi. Cette œuvre est toujours conservée au musée ethnographique de Hué. Phü Vinh, célèbre grâce à la qualité de ses produits, devint, au début du XVIIIe siècle, un grand centre de production des objets en bambou pour tout le Vietnam du Nord.

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