Voyage aux villages de métier au Vietnam 125

COMMENT LES PRODUCTEURS S ORGANISENT-ILS ?
Les regroupements les plus importants sont :
Des compagnies et des sociétés : elles font travailler en sous-traitance des artisans dans tout le district, voire toute la province, et présentent plusieurs avantages pour les clients, dont une apparence plus imposante et permanente, la capacité d’exporter directement et un environnement juridique plus rassurant pour les acheteurs étrangers, qui savent ce qu’est une SARL (société à responsabilité limitée).
Des groupes de production : ce sont des structures collectives qui ne se sont pas (encore) transformées en compagnie ou société ; il en subsiste encore huit dans la commune.

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Des ateliers familiaux : la plupart des familles font de la sous-traitance chez elles. Il est difficile de séparer la résidence de l’atelier, puisque le travail est saisonnier et les membres des foyers sont à la fois agriculteurs et artisans. Toute la famille s’adonne au métier, et les tâches sont réparties entre les membres de la famille. Les parties les plus simples sont exécutées par les enfants. Les entreprises ne peuvent pas embaucher dans leurs usines ce type d’artisans familiaux.
Des ateliers familiaux (bis) : certaines familles se spécialisent dans les activités préparatoires au tressage, comme la découpe des bambous (10 kg par jour à la main contre 150 kg par jour à la machine). Sinon, ces familles font du traitement chimique de la matière première. C’est-à-dire, soit elles trempent les bouts de bambou ou les écheveaux de rotin dans de l’acide (qui est ensuite jeté dans les canaux, direction les rizières) pendant quelques heures afin de les blanchir, soit elles mettent les tiges végétales sous une bâche au fond de leur cour et y brûlent un bol de soufre pendant quatre jours, en guise de fumigation fort artisanale. On vous épargnera encore une rubrique environnementale, mais ayez une pensée pour les enfants de la commune (et apportez votre propre bouteille d’eau).
Une autre petite pensée (ou serait-ce sensiblement la même ?) pour le bas de l’échelle professionnelle : ils sont environ 600 sur 2 000 artisans dans la commune de Phu Nghîa. Ils touchent de très faibles salaires (comme déjà mentionné, cela commence à 300 000VND par mois), mais ce sont eux qu’on pressurise pour exécuter les grosses commandes…
Les outils employés : ils sont plus que simples : les pieds, les mains, un couteau pour effiler les bambous ou le rotin et un
double-décimètre pour mesurer la taille des fibres à couper. Par ailleurs, c’est une activité qui demande relativement peu de
place dans une maison.
CARACTÉRISTIQUES DU MÉTIER ET MATIÈRES PREMIÈRES
A Phu Vinh, on utilise une grande diversité de matériaux, notamment du rotin et une grande gamme de bambous pour fabriquer des objets très diversifiés (meubles, canapés, étagères, petits paniers, sous-tasses, lampes) :
• mây (rotin) ;
• truc (ou bambou d’ivoire) bambou fin avec des nœuds très rapprochés) ;
• giang (plante grêle croissant en buisson touffu), moins souple ;
• song (bambou fin de Da Nâng) ;
• guôt (bambou fin de Cao Bang, Lang Son, près de la Chine) ;
• coi (jonc de Ninh Binh) ;
• tre et nüa (gros bambous de Hôa Binh, Thanh Hoa).
Autrefois, il y avait beaucoup de bambous qui poussaient à proximité du village, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. On va les chercher de plus en plus loin, même dans le centre et le sud du Vietnam. Un marché se tient à Phu Vinh tous les matins, de 6 heures à 9 heures où vont s’approvisionner les patrons et les chefs d’équipe.

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