Voyage aux villages de métier au Vietnam 126

À titre d’exemple
Les ateliers de sous-traitance sont payés à la tâche : en 2004, une famille enquêtée touchait 2 500 VND pour tresser trois rangées de rotin autour de petits plateaux. Cela leur prenait 30 minutes par unité et elle en faisait 10 par jour. Si l’on retire les 10 000 VND de matière première, elle gagnait 15 000 VND (moins d’un dollar américain) par jour.
Ce qui singularise la commune de Phü Nghîa par rapport aux autres, c’est sa grande diversité de matériaux et de produits. Cependant, avec le développement des grandes entreprises commerciales installées le long de la route, ce qui faisait la particularité de cette commune risque detre noyé par ces grandes usines-supermarchés qui vendent des produits de tout le Vietnam.

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Quelques enjeux de l’exportation (destination de 95 % de la production à Phü Nghîa !)
L’envergure des commandes et les courtes échéances imposées par les acheteurs des pays développés poussent les producteurs à songer à la mécanisation. Or la vannerie est difficile et dispendieuse à mécaniser (comme des résultats très mitigés à l’époque collectiviste ont démontré), nécessitant tout d’abord des ateliers de superficie nettement supérieure. Notons en passant qu’on ne pense même pas aux éventuelles pertes d’emplois (même si ceux qui conservaient leur poste pouvaient être un peu mieux rémunérés). M. Trung (voir encadré p. 281) pense qu’il faudrait mécaniser la première étape de la production (nettoyage et coupe du bambou) et la dernière (polissage et vernis des articles). Mais le tressage devrait toujours se faire au domicile des gens, car sinon cela demanderait trop d’investissement.
D’ailleurs, les clients étrangers préfèrent systématiquement les produits faits à la main à ceux qui sont faits mécaniquement : le cachet artisanal, l’objet pas standardisé, la finition non uniforme, unique même. Simultanément cependant, ces acheteurs en général abhorrent par principe l’exploitation (quand elle est trop évidente, en tout cas) des ouvriers et ne veulent pas du travail des enfants, tout en souhaitant payer les prix les moins chers possible. Dure équation que d’équarrir ce cercle avec seulement du rotin, du bambou et un couteau…
Le rythme des commandes pour l’exportation ne prend pas en compte le rythme naturel des semis et de la récolte du riz, qui mobilisent une proportion importante des ouvriers.
En Indonésie, par exemple, les artisans gagnent trois à quatre fois plus qu’au Vietnam. Il arrive aux producteurs de Phu Nghîa d’exporter vers ce pays des articles que les Indonésiens revendent à l’étranger après avoir collé des étiquettes Made in Indonesia… Comment réagir face à cet état de choses ? Le remède semblerait passer avant tout par une amélioration des filières commerciales, une meilleure gestion et un marketing des articles qui permettraient de récolter la plus-value de la production directement à la source. Une ONG américaine a récemment aidé plusieurs équipes de production dans la province à créer un site Web, à améliorer leur stratégie de vente et à trouver des partenaires à l’étranger.

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