Voyage aux villages de métier au Vietnam 127

Une promenade dans Phü Vinh
Un petit rappel : quand vous êtes sur la nationale 6, vous dépassez sur votre gauche la grande zone industrielle de Phü Nghîa, bien à l’abri derrière une gigantesque barrière, et annoncée par un panneau assez futuriste. Au kilomètre 25, il y a l’entrée à droite de la commune de Phü Nghîa. La commune comporte plusieurs villages, mais le plus intéressant est, bien entendu, celui de Phü Vinh, qui se trouve à environ un kilomètre de l’entrée. La petite route qui entre dans la commune traverse d’abord le village de Khê Than (sur la gauche), où se trouve le siège du Comité populaire de la commune. Sur la droite, derrière un grand étang, le village de Qiiang Châm, très agréable à visiter, avec ses maisons et ses grandes cours qui servent d’aire de séchage. L’après-midi, il est possible de voir les villageois à l’œuvre. Dans ce village, les artisans travaillent surtout en sous-traitance dans l’intimité du foyer. On ne trouve pas de petits patrons où une ruche d’ouvriers s’active.
On suit la route vers le nord-ouest. On passe le marché sur la gauche. Puis encore sur la gauche, les locaux de l’ancienne coopérative artisanale, sise dans le village de Phü Hüu, reconnaissable à son panneau « Hçfp Tac Xâ », où un groupe de production s’est installé. Le matin, on peut voir de grands paniers en train de sécher. Il est possible de visiter le show- room de M. Tran Vân Cuu, où il expose les différents modèles des articles qu’il exporte. Dans son atelier, il a trois jeunes artisans qui inventent 300 à 400 modèles chaque année. Il a même un catalogue en japonais ! M. CUu vend directement parfois les quelques articles invendus qui peuvent se trouver à l’atelier.

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Puis encore un peu plus loin à gauche, une ruelle s’enfonce vers le hameauXôm Thifo’ng ; d’ailleurs, à partir du village de Phü Vinh, un panneau l’indique. A l’angle droit de la rue se trouve une très belle maison en bois, où un petit restaurant- café-bar vous permettra de vous rafraîchir ! De part et d’autre de cette nouvelle ruelle, de nombreux ateliers tenus par des petits patrons exposent dans la cour les articles en train de sécher. Les artisans au travail exécutent des commandes pour l’Europe, surtout des paniers de toutes formes. Il est possible de visiter ces ateliers où seul le travail manuel est apparent.
Au bout de quelques mètres, un très beau banian à l’ombre duquel des femmes tressent le rotin l’après-midi. Encore tout droit et vous débouchez sur une jolie place, au fond de laquelle se trouve la maison de M. Trung, un des artisans les plus réputés et dynamiques de ce village (voir encadré plus haut). Il est possible de visiter son petit musée où sont exposées ses plus belles pièces et d’admirer les grands tableaux en rotin tressé, représentant l’Oncle Hô et son collègue cubain, Fidel Castro. La finesse des objets exposés contraste avec les paniers simples en train de sécher dans les cours traversées. On est ici véritablement chez un artiste. Les murs de cette pièce sont couverts de prix divers et de photos mémorables. Des lampes, des vases, des grandes jarres, des boîtes en rotin finement tressés de brins colorés… Il n’est malheureusement pas possible d’acheter ce type d’articles ; M. Trung ne travaille qu’à la commande. Dans l’atelier derrière, il expose des articles de moindre qualité, qu’il vous vendra pour une bouchée de pain.
En sortant de chez M. Trung, vous verrez sur la gauche de la place, une très belle porte qui s’ouvre sur une maison ancienne. Vous pouvez aussi aller visiter l’atelier de M. Do (derrière celui de M. Trung), qui lors de notre dernière tournée fabriquait des rideaux en petits anneaux faits de minuscules lamelles de bambou. Au sein de l’atelier, qui se trouve dans la cour et s’ouvre sur un beau plan d’eau, une forte division du travail s’observe entre la vingtaine de femmes qui s’adonnent à cette activité : celles qui coupent les lamelles de bambou, celles qui font les anneaux avec une dextérité étonnante, celles qui les assemblent, celles qui brûlent au chalumeau les fibres qui dépassent. Là encore, il est possible d’acheter tout un assortiment de paniers de toutes formes, des petites valises en rotin et bambou, restes d’anciennes commandes.
Ensuite, vous revenez sur vos pas, passant devant le banian et, plutôt que de retourner vers l’entrée de la commune, allez au Xôm Ha, un autre hameau du village de Phü Vinh. Donc tournez à gauche et tout de suite à droite. Vous déboucherez sur un espace ouvert. Sur la droite, la deuxième maison abrite le superbe atelier de M. Hân Hanh. Sa maison est très belle, de petite taille et de facture ancienne avec des sculptures. A l’intérieur, c’est la caverne d’Ali Baba : des sacs, des abat-jour finement tressés en fibres de rotin colorées. Les prix sont assez élevés, mais à la hauteur de la créativité et de la qualité du travail de cet artisan qui expose dans de nombreuses foires à Hà Nôi et ailleurs. Il associe le rotin à la céramique. On retrouve ses articles dans la rue Hàng Trông, dans les boutiques pour touristes. De l’autre coté de la rue, encore une belle maison à visiter.

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