Voyage aux villages de métier au Vietnam 128

ĐÔNGPHƯƠNGYÊN
COMMENT Y ALLER ?
Pour aller de la commune de Phü Nghïa vers celle de Dông PhifOng Yên, retournez vers la nationale 6 et tournez à droite, en direction de Hoà Binh. Au kilomètre 28, tournez à droite, passez sous le portail de la commune de Dông Phu’Ong Yên.
Commune moins dynamique que Phü Nghïa, Dông Phu’Ong Yên est beaucoup plus touchée par la baisse des commandes en provenance de l’Europe. Depuis 2006, le rythme de production a baissé considérablement et celui des machines bourdonnantes s’est atténué.
A l’époque coloniale ici, il n’y avait que quelques foyers spécialisés dans la fabrication des paniers pour laver le riz ou les légumes qu’ils allaient vendre à Hà Nôi. Un nombre limité de familles travaillaient pour les Français via les ateliers de Phü Vinh et fabriquaient des meubles pour poupées (les poupées des petites filles françaises, bien entendu). Ensuite, ils ont appris à diversifier leur production avec les artisans de Phü Nghïa à l’époque collectiviste, dans le cadre des cours de formation organisés par la coopérative artisanale. De 1976 à 1983, les artisans ont fabriqué des stores twgiang (le bambou court et solide), destinés aux pays d’Europe de l’Est. A la période du Doi Môi, beaucoup d’artisans ont abandonné le métier par manque de débouchés, laissant seuls ceux qui étaient déjà bien placés à l’époque collectiviste (surtout des cadres) à se mettre à leur compte.

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En ce qui concerne la division du travail entre les artisans de Dông PhiiOng Yên et ceux de Phu Nghïa, les premiers travaillent plus le bambou, notamment le giang, et ne sont pas très qualifiés pour utiliser le rotin, matière beaucoup plus difficile à tresser. Quand les artisans de Phü Nghïa ont des commandes en giang, ils les passent à leurs confrères de Dông PhifOng Yên qui leur renvoient l’ascenseur avec le rotin. Certains ateliers ont commencé à diviser le processus de production et se spécialiser dans la découpe du bambou, surtout le trüc (bambou fin) et le tre. Ils se sont équipés en machines : scie, perceuses et approvisionnent les autres ateliers. Ils embauchent des jeunes filles des communes des alentours qu’ils rémunèrent à la journée.
À Dông PhifOng Yên, on fabrique des plateaux, des poubelles, des paniers ronds, des paniers pour mettre les bonsaïs, des porte-journaux, tous en bambou. On utilise différents types de fibres ou de bambous selon les parties de l’article, par exemple un plateau :
• truc pour les bords du plateau ;
• songpouv les poignées ;
• nûa pour le fond du plateau ;
• mây (rotin) pour attacher les différents éléments ensemble.
Les artisans de cette commune ont des relations avec d’autres villages de métier des alentours de Hà Nôi : ils font broder des motifs en raphia sur les paniers à Quât Dông (voir Itinéraire 6, p. 226) Ils sont en rapport avec Bât Tràng (voir Itinéraire 2, p. 110 pour acheter des céramiques dont ils tressent ensuite les pourtours. Un problème rencontré par les artisans de Dông PhifOng Yên concerne les filières commerciales internationales : certains pays de l’Europe de l’Est, comme la Hongrie ou la Tchécoslovaquie, anciens clients de la coopérative avec qui les artisans ont maintenu des relations, s’interposent comme intermédiaires entre eux et les pays capitalistes. Terminons cette visite chez les vanniers avec une promenade à l’intérieur de Dông PhifOng Yên, dans les villages de Doi Ba et Yên Kiên.

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