Voyage aux villages de métier au Vietnam 131

Le syncrétisme religieux bat son plein entre art sacré et pratiques animistes
Le 6e jour du 2e mois lunaire, la fête du village rappelle les anciens cultes de la fertilité. Selon une chanson traditionnelle :
A San Dông, pour la féte, on en veloppe le bambou avec la spathe d \aréquier. On fait des gâteaux dây et cuôn pour régaler ses amis.
Hüu Ngoc (2006) rappelle comment le rituel de la fabrication du gâteau se déroulait : on broyait du riz gluant étalé sur un van en tapant des coups réguliers avec un pilon de bois enveloppé d’une spathe d’aréquier (épisode qui évoquait l’acte sexuel). La farine obtenue servait à faire des gâteaux ronds et plats, les bdnb dày, et des gâteaux allongés en forme de saucisse, les bdnb cuôn, qui rappellent les organes féminins et masculins.
Un autre jeu, la lutte pour un tronçon de bambou sacré (cUâp bông), était sensé donner au vainqueur un enfant mâle. Le soir, dans la cour de la maison communale, se déroulait la danse sacrée. Filles et garçons esquissaient des danses en mimant l’accouplement à l’aide d’une spathe d’aréquier et d’un morceau de bambou. La danse terminée, ils jetaient au sol ces objets. Les spectateurs se ruaient alors dessus pour s’en emparer. Ceux qui les récupéraient étaient frappés par la chance. Pendant les trois mois qui suivaient la fête, les jeunes jouissaient d’une liberté absolue. Ni les enfants qui naissaient de ces rencontres festives ni leur mère n’étaient bannis…. Et les jeunes pères étaient dispensés de payer les taxes matrimoniales au village !

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CÁT QUÊ, DƯƠNG LIỄU ET MINH KHAI
CONTEXTE –
Situés le long de la rivière Dây qui relie la province de Hà Tây aux provinces montagneuses du Nord, les villages producteurs de vermicelles, de nouilles et d’amidon étaient à l’origine (dans les années I960) approvisionnés en matières premières (manioc, canna et autres tubercules) par voie fluviale. Ils bénéficient de la proximité du marché de consommation de Hà Nôi pour écouler leur production. Pas nécessairement rentables, ces activités s’effectuent en parallèle avec des activités agricoles et ont permis aux artisans, autrefois tisserands pour la plupart, de se reconvertir dans une autre activité, après que le coopérativisme eut sonné le glas du tissage villageois rudimentaire.
En 2005, toutes sortes de denrées étaient produites dans les villages de métiers du district de Hoài Diïc: 38 000 tonnes d’amidon de manioc (tinh bôtsan), de canna (tinh bôt dongriê’ng, tinh bot dot) et de kudzu (tinh bôtsan dây), 5 900 tonnes de vermicelles de manioc et de canna (mien san, mien dong riê’ng), 5 400 tonnes de vermicelles de riz séchés (bün kbô), 5 600 tonnes de sirops de maltose (macb nha) et de sucre de canne (dtfcfng mia) et 3 500 tonnes de bonbons (bdnh keo).
Nombre de ces activités sont saisonnières et les premières transformations sont réalisées lors des périodes de récoltes du manioc (septembre à avril) ou du canna (novembre à mars). L’approvisionnement en matières premières, cultivées dans les régions des montagnes environnantes (provinces de Hôa B’inh, Yen Bai, Phü Tho, Nghê An…), est pris en charge par des commerçants locaux. Les camions, bien souvent surchargés de racines, doivent se frayer des passages entre les tas de manioc et de canna, tant sur la place du marché de DiiOng Liëu que dans les venelles avoisinantes. Manquant de place, nous sommes dans une des zones les plus densément peuplées du delta (entre 3 000 et 5 000 habitants au km2), les artisans occupent les espaces le long des digues et le labyrinthe des venelles pour faire sécher leurs produits. D’autres activités sont réalisées toute l’année. Il peut s’agir d’une deuxième étape de transformation de l’amidon humide ou d’autres produits pas nécessairement associés aux mêmes plantes : c’est le cas du décorticage, du tri, du séchage des légumineuses dont les haricots mungo à grains vert (dâu xanh) ou à grains noirs (dâu den) qui sont utilisés pour les entremets sucrés (chè). D’autres produits sont également fabriqués sur place à plus grande échelle, comme les biscuits (,bdnh qui) ou même du chocolat (so co la).

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