Voyage aux villages de métier au Vietnam 134

Une promenade au cœur de l’agro-alimentaire
Cette promenade n’est pas très bucolique car les villages traversés, mis à part la zone hors-digue (la zone non protégée par la digue de la rivière Dày à l’habitat plus dispersé) où l’on trouve encore des vergers, n’ont pas un très beau patrimoine architectural et sont envahis en saison de grande production par les matières premières (le manioc, les canna…), les sacs remplis d’amidon et les résidus agricoles. Un rappel, vous êtes dans une des zones les plus densément peuplées du delta. Une odeur étrange plane au dessus de ces villages, les eaux sont souillées par les résidus du manioc, bref, 011 assiste à un développement très rapide de la production, mais sur un mode pas très durable, tant que le traitement des déchets ne sera pas résolu. Pour les amoureux de l’innovation technique, de l’ingéniosité des artisans, de l’intégration de l’agriculture et de l’industrie, des stratégies pour une utilisation maximale de l’espace, cet itinéraire est le vôtre ! Amis investisseurs dans le traitement des eaux usées, vous êtes les bienvenus pour mettre en place un projet intégré à l’échelle du cluster ! Vous pourrez admirer les ballets de motos surchargées de nouilles, vermicelles et produits divers manipulés par de véritables acrobates qui se faufilent dans les ruelles.
Cette promenade vous permettra de rendre visite (mais aussi de faire vos courses !) à des artisans spécialisés dans chacune des activités du cluster : alcool de riz, amidon de manioc, amidon de canna, vermicelles de canna, nouilles de riz, biscuits, confiseries… Nous vous suggérons de partir de l’ancien Comité populaire de la commune de Cât Que qui fait lace au temple Mau (Dén Mâu) (n° 1 sur la carte). Plus haut, les indications sont déjà mentionnées pour y accéder.
Continuez tout droit vers la route-digue (voir carte). La plupart des artisans de cette zone sont spécialisés dans- la fabrication de l’amidon humide de manioc. Une exception, M. Pham Sin (n° 2 sur la carte), qui a abandonné cette activité, faute de main-d’œuvre suffisante, et s’adonne à la production d’alcool de riz gluant, rUçfu nê’p boa vàng. Son alcool de haute qualité, un peu sucré, jouit d’une bonne réputation. Il est moins fort (38° à 40°) que celui plus classique fait à partir du riz blanc (55°). M. Sin vend son alcool après huit mois de fabrication, mais il peut le conserver cinq années. Il produit environ 1 000 litres par mois durant la saison sèche. Il achète le riz gluant aux ethnies minoritaires de la région montagneuse de Diên Bien Phü. A cette activité est associé l’élevage de cochons

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DO- O
dont la forte présence à Càt Que envahit 1111 peu l’espace sonore et peut-être l’odorat un peu sensible des citadins ! Si vous voulez acheter de l’alcool dans cet atelier, munissez-vous de bouteilles vides, car ici, on vend en vrac. Les prix restent très modestes. Son atelier se trouve au fond d’une impasse, deux ruelles sur la droite avant d’arriver à la route-digue.
Dans la ruelle suivante sur la droite, se trouve l’atelier de M. Tràn Van Ty (n° 3 sur la carte), producteur d’amidon humide de manioc. Vous pourrez voir toutes les étapes de la production, du lavage du manioc à la sédimentation en bac, ceci dans l’espace très étroit de sa cour. C’est une activité saisonnière (voir explications plus haut). En période creuse, cet artisan s’adonne au raffinage de l’amidon humide stocké. Montez sur la route- digue et tournez à droite en direction de la commune de Duo’ng Lieu. Sur la digue vous verrez les nombreuses claies en bambou recouvertes de toutes sortes de nouilles, de vermicelles ou d’amidon en train de sécher. Chaque espace vacant est occupé, ceci dans des conditions d’hygiène un peu douteuses pour des produits alimentaires ! La manipulation de ces claies, qu’il faut installer à l’aurore, puis déplacer dès que les aliments sont secs ou que la pluie menace, occupe une main-d’œuvre nombreuse.
Au bout d’environ 300 m, vous verrez sur votre gauche (en zone hors-digue) un grand marché couvert (n° 4 sur la carte). Puis prenez sur la droite la première rue qui descend de la route-digue et débouche sur le marché à ciel ouvert (n° 5 sur la carte) où d’immenses tas de tubercules de canna et de manioc sont entreposés. Ce marché est actif de septembre à avril (voir plus haut). Continuez tout droit. Vous passerez devant l’ancien Comité populaire de la commune (sur votre gauche). Tournez dans la deuxième rue à gauche et cherchez 1 église (n° 6 sur la carte). Tout le quartier à votre gauche, formé d’un labyrinthe de minuscules ruelles, est occupé par des producteurs d’amidon de canna et de vermicelles. L’activité y est débordante et les ballets de motos et de charrettes incessants. L’amidon humide est ensuite transporté vers les ateliers des confrères spécialisés dans la fabrication des vermicelles de canna, les mien dongriéng.
Vous pouvez demander à M. Nguyên Thiên Tuân (n° 7 sur la carte) si vous pouvez visiter son atelier qui se trouve juste après l’église sur la droite. Continuez tout droit, et au bout de la rue de l’église, un panneau fléché indique « lên dê » vers la gauche, ce qui signifie « vers la digue ». Donc, vous tournez à gauche pour rejoindre la digue qui vous permettra d’accéder à la commune de Minh Khai, la prochaine étape. La rue est un peu tortueuse et vous passerez devant le très beau nhà thcttôbo (n° 8 sur la carte) de la famille Phi (la maison de culte du lignage des Phi) qui sera peut-être alors utilisé pour le séchage de l’amidon à raffiner. Arrivés sur la route-digue, tournez à droite en direction de la commune de Minh Khai. A la troisième rue sur la droite, descendez de la digue et vous passerez sous un grand portail.
Pour les lève-tôt, vous pourrez assister, à partir de quatre heures du matin, à la fabrication des mien dotig riêng, les vermicelles de canna, chez M. Do Van Chi (n° 9 sur la carte). Sa maison se situe en face (côté droit de la ruelle) de l’ancien Comité populaire de la commune de Minh Khai, dans la première ruelle à gauche une fois passé le portail.
Vous pouvez aussi voir l’atelier de M. Dô Diïc Hanh (n° 10 sur la carte), spécialisé dans la fabrication des nouilles de riz. Il se trouve dans la même ruelle que celui de M. Dô Vân Chi. Pour y aller, revenez sur vos pas, et continuez tout droit, en laissant sur votre droite la petite rue qui mène au portail d’entrée. Son atelier est juste sur la droite. La production des bün de riz fraîches s’effectue surtout dans la zone hors-digue de la commune de Minh Khai et est associée à l’élevage de cochons, à l’instar de la fabrication de l’alcool de riz. Pour y aller, remontez sur la route-digue et tournez à droite. Prenez la première rue qui descend vers la gauche. Vous verrez de nombreuses claies chargées de nouilles de riz en train de sécher. Vous aurez l’embarras du choix pour visiter les ateliers.
Pour la fin de l’itinéraire, nous vous proposons de visiter quelques petites usines qui fabriquent des confiseries, des biscuits, du chocolat ou qui réparent les nombreuses machines qui servent à effectuer les différentes étapes des produits agro-alimentaires. Pour cela, il faut reprendre la route-digue vers le sud (voir la carte) et retourner vers Cât Que, lieu de départ de cette promenade. Mais avant cette dernière étape, un arrêt culturel à la pagode Huong Trai et au temple de DiiOng Liêu vous est proposé afin de vous reposer de cette tumultueuse promenade. Ces deux très beaux édifices se trouvent en contrebas de la digue (sur la droite, donc en zone hors-digue) un peu avant le grand marché couvert.
Un peu plus loin, à la hauteur de la rue par laquelle vous avez débouché sur la digue en venant de l’église, en contrebas sur la droite (en zone hors-digue), se trouve l’atelier de M. Huy Vuçfng, le premier du genre dans la fabrication des machines de transformation des produits agricoles. Un peu plus loin, toujours sur la droite, après le marché couvert, prenez la rue qui descend de la digue et s’étend assez loin vers la rivière Dây. Une occasion pour voir comment cette turbulente rivière, contre laquelle ont été édifiées deux hautes digues, est devenue un ruisseau depuis qu’une vanne a été construite sur le fleuve Rouge pour la réguler. En chemin, vous traverserez une mini-zone industrielle où se trouve la fabrique de chocolat Viêt-Phâp (n° 11 sur la carte).
Retournez sur la route-digue, tournez à droite vers Cât Que. A la même hauteur de la rue par laquelle vous avez débouché sur cet axe au début de la promenade, prenez le chemin qui descend vers la droite. Une grande fabrique de biscuits i,n° 12 sur la carte) se trouve en contrebas. Vous pouvez la visiter, et même acheter ses délicieux petits-beurre. Un peu plus loin, toujours en contrebas, une fabrique de bonbons utilise le sirop de maltose produit par une usine installée dans la commune de Son Dông. Celle-ci transforme l’amidon humide acheté aux artisans des villages que vous avez visités, lequel amidon retourne dans les ateliers des villages d’origine sous forme de maltose : la boucle est bouclée. Vous pourrez assister aux différentes étapes de la production. Un bémol à l’égard de l’innovation et du développement économique de ce cluster de villages, cet atelier embauche une main-d’œuvre assez jeune, voire enfantine, situation encore plus incongrue pour une fabrique de bonbons !
L’itinéraire suggère de compléter l’exploration de ces villages par la visite de la pagode du maître, Chùa Thay, qui se situe à 5 km à peine de la sortie de Cât Que. La route qui mène à la pagode traverse la zone hors-digue de la rivière Dây où champs de canne à sucre se mêlent à de nombreux vergers (voir carte).

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