Voyage aux villages de métier au Vietnam 22

Mentionnons les noms de quelques autres producteurs artistiques qui ne manquent pas d’intérêt :
M. Pham Van Ctfcfng (village de Thü Công) vit dans une belle vieille maison à côté de la rivière où, après des études de mécanique en Tchécoslovaquie, il a repris le métier de ses parents. Il a son propre four et produit une petite quantité de poteries décoratives. Il accueille régulièrement des étudiants des Beaux-Arts en stage.

M. Minh Ngoc est le voisin de monsieur CifOng, et a installé un petit atelier en face du grand four du hameau ; il fait des copies de Nhung et les vend (beaucoup moins cher), sans état d’âme. Ses pièces, créées avec son fils, étudiant aux beaux-arts à Hà Nôi, sont achetées par des boutiques de la capitale et des grossistes de Bat Tràng.

M. Tràn Manh Thiéu a monté, en 2007, une entreprise déclarée qui s’appelle « Thiê’u Ceramics », qui lui permet d’exporter ses produits un peu partout dans le monde. Il y a créé un atelier très agréable dans le village de Phân Trung, sur les hauteurs, d’où on peut admirer la plaine rizicole. Lui aussi a fait des études aux beaux-arts de Hà Nôi et exhibe ses pièces. Elles sont très originales, tant sur le plan de la forme que celle des modèles ou des couleurs ; c’est par ceci qu’il se démarque bien de la plupart de ses voisins, dont les œuvres ont décidément une forte tendance à ressembler étrangement à celles de Nhung. On peut facilement trouver les céramiques de Thiéu en vente dans les boutiques sur la rue Nhà Thô à Hà Nôi, mais une visite de l’atelier (où travaille une trentaine de personnes) est recommandée – ainsi que la fourchette de prix (plus modestes) perçus au village.

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On peut également visiter des ateliers où l’on fabrique les urnes funéraires et autres produits usuels : ils sont nombreux (surtout dans le village de Thù Công) et il suffit – comme toujours – de demander la permission. Profitez de l’exploration libre de Phù Lâng afin d’apprécier la beauté particulière de cet endroit aux teintes et perspectives si harmonieuses, où les déchets de la production rajoutent à l’aspect esthétique du paysage : une belle exception à la règle tristement établie par l’homme dans son environnement.

Des détails à observer
• C’est presque toujours une femme qui travaille sur le tour de potier : selon l’un des céramistes de métier (mâle) que nous avons questionné, ce travail ne serait pas « digne » des hommes… Les rares hommes qui s’y adonnent ne sont pas très rassurés. Un des leurs est mort récemment, et ses confrères évoquent le fait qu’il « tournait » comme une des raisons possible de son décès ! il avait osé défier la division sexuelle ancestrale du travail.
• Une fois les objets bruts ainsi créés par les femmes, ce sont normalement les hommes qui s’occupent d’en assurer la décoration. Les objets sont ensuite disposés à sécher, là où on trouve de la place à l’abri de la pluie.
• L’espace est limité, comme dans beaucoup de villages de métier, et sa gestion présente en soi un spectacle fascinant. Les fêtes annuelles
La fête du fondateur du métier de potier (selon la légende), Lifu PhongTù, a lieu le 7e jour du premier mois lunaire. Un autre festival du village est célébré le 21e jour du 2e mois lunaire.

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