Voyage aux villages de métier au Vietnam 36

Une promenade dans Bát Tràng
Une remarque préliminaire : si vous désirez passer beaucoup de temps dans le village de Bât Tràng, avoir plus de détails sur les sites et les ateliers à visiter, nous vous recommandons le très bon Bât Tràng, Traditional Pottery Village. A Self-Guided Wallc (Friends of Vietnamese Héritage, 2006). En 47 pages, ce petit livre peut vous ouvrir de nombreuses portes.

L’entrée du village que tout le monde pense, à tort, être Bât Tràng s’appelle en fait Giang Cao (voir la carte p. 125). Cette extension récente où les maisons « en bandes » de plusieurs étages se succèdent et dont le rez-de-chaussée sert de « supermarché » de céramiques standardisées – en partie fabriquées en sous-traitance dans les ateliers du plus ancien village de céramistes du delta – donne une idée fausse de ce qu’est le « vrai Bât Tràng » recroquevillé sur son promontoire d’all uvions le long du fleuve Rouge. Nous vous suggérons de laisser la visite de ces magasins pour la fin de votre promenade pour mieux appréhender les nombreuses facettes de ces deux villages aux histoires contrastées.
Le premier village, beaucoup plus marqué par la « modernisation » de l’habitat et sa plus récente intégration dans le monde de la céramique, n’en reste pas moins intéressant à visiter, même si les maisons traditionnelles se font de plus en plus rares et laissent place à des logements sans charme.

Au bout de la rue principale de Giang Cao, vous verrez sur votre droite le dinb du village, qui malgré sa taille modeste n’en demeure pas moins attrayant et contraste avec les bâtiments qui l’entourent. Si vous prenez la première rue à droite puis la première ruelle à gauche, et la suivez jusqu’au fleuve, vous pourrez, tout en admirant les fours verticaux et les nombreuses empreintes de mains sur les pains de charbon qui sèchent le long des murs, atteindre le joli nbà thà ho du lignage des Nguyên et un temple qui surplombent le fleuve. Si vous descendez le fleuve en tournant à gauche dans cette ruelle encrassée de charbon, vous arriverez au débarcadère à charbon. Là, on assiste avec force aux graves conséquences pour l’environnement de ce combustible et aux dures conditions de travail de la noria d’hommes et de femmes qui déchargent sur leur tête le salissant combustible pour 30 000 VND par jour.

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Retournez au dinb (voir carte) non sans avoir admiré les immenses jarres blanches en train de sécher dans les courées (plus larges dans ce village) des ateliers sur la gauche de la ruelle. Ces ateliers se sont spécialisés dans un seul produit : les jarres. Ils ne peuvent pas diversifier dans la même fournée les céramiques à cuire car ils fonctionnent au charbon dont la chaleur est difficile à maîtriser.
Arrivés au petit carrefour face au dinb, tournez à droite et empruntez la rue très commerçante qui mène à Bât Tràng. N’hésitez pas à vous « perdre » dans les ruelles transversales où quelques restes de ruralité et lambeaux de jardins permettent de retrouver son souffle après avoir croisé les ballets de motos surchargées de pots de toutes tailles ou humé la fumée des ateliers.

Un potier un peu original, M. Nguyên Xuân Nguyên de « Delicious Ceramics », offre dans son très joli atelier-magasin (au goût occidental !) au n° 227 de la rue commerçante des petites assiettes, bols et autres objets d’une facture très différente de ce que vous aurez vu jusqu’ici. Malheureusement, il tait payer cher leur originalité. Un peu plus loin, vous pourrez visiter le musée Van Vàn (voir plus haut) et enfin vous désaltérer dans ce lieu très apaisant. On rêverait de pouvoir vous proposer dans tous les villages de nos itinéraires de tels salons-de-thé-musées où s’asseoir à mi-chemin d’une promenade ! Mais hélas, Bât Tràng-Giang Cao est également unique pour cela…
Suivez le plan et surtout les virages de la rue qui va vous emmener vers le village de Bat Tràng (le vrai). Au carrefour, laissez sur votre gauche le petit étang et enfoncez-vous dans le véritable boyau que constitue le dédale des ruelles minuscules qui s’offre devant vous. Jamais ruelle n’aura été aussi étroite ! Le croisement avec les porteurs de kaolin liquide dans des seaux amarrés à leur palanche n’est pas aisé. Faites attention à vos chaussures.

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