Voyage aux villages de métier au Vietnam 4

LE CONTEXTE
Disons-le tout de go : Dong Ky fait partie d’un certain nombre de villages de métier les moins bucoliques dans ce guide, mais (comme les autres de la même catégorie) il est intéressant, car il a une histoire hors du commun et présente les différentes étapes d’un processus de production à l’origine artisanal. Un riche patrimoine à découvrir.

Dong Ky est le village au cœur d’un cluster d’une dizaine d’autres qui produisent des meubles d’art en bois dans l’ouest de la province de Bâc Ninh. Comme vous allez voir, le centre de Dong Ky est étonnamment resserré, avec une population particulièrement dense (davantage de gens habitent dans ce seul village que dans plusieurs des communes aux alentours). C’est un aménagement du territoire plutôt insolite en milieu pourtant encore rural, mais qui confronte le visiteur – il y a des tas de bois partout – à un enjeu critique ici : la gestion de l’espace.

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Dong Ky jouit d’une longue histoire commerçante (centrée sur le buffle), qui sans aucun doute explique en grande partie son succès actuel. Mais paradoxalement, comme dans beaucoup de villages de métier, c’est le manque de terres agricoles ou leur faible rendement qui a poussé les villageois à trouver d’autres façons de s’occuper et d’essayer de survivre : Dong Ky a des terres limitées qui sont relativement élevées dans le delta et du coup mal desservies par le réseau hydraulique. L’unique récolte annuelle de riz possible autrefois ne suffisait pas à remplir toutes les bouches à nourrir. Car malgré un peu de patate douce et de cacahuète, la culture de riz sur terres hautes sans assez d’eau mène vite à la famine.
La solution pour certains villageois, c’était de pratiquer un peu la menuiserie en parallèle – fabriquant des meubles simples pour le marché local ou bien se déplaçant ailleurs dans le delta comme thçf môc, charpentiers itinérants, vendant leurs services sur des chantiers de construction, qu’ils soient pour des bâtiments ordinaires ou religieux. Plusieurs hommes du village partaient quelques mois pendant la saison creuse agricole poursuivre cette activité, à l’instar de leurs confrères de la province de Hà Tây. Nous en reparlerons plus loin. Les femmes de Dong Ky, elles, se mettaient au tissage : elles produisaient une étoffe simple, de couleur blanche ou brune, utilisée pour confectionner des vêtements et des voiles.

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