Voyage aux villages de métier au Vietnam 46

Sur le petit jardin en forme de triangle qui marque la fin du marché, un très beau pagodon abrite le « lit en pierre » thach sang où se coucha le moine indien A Da La, qui vint propager la doctrine bouddhique en 187, avant d’aller à Mân Xa. Là-bas, il fut à l’origine de la « naissance des quatre déesses » dont vous entendrez parler en visitant la pagode Dâu (Itinéraire 3, p. 148). Dans ce lieu mystérieux et maléfique personne ne veut habiter. Actuellement, il abrite, entre autres choses, le centre culturel de Phù Ninh.

Tournez à droite dans la rue commerçante où les étals de tissus alternent avec des magasins de médicaments traditionnels. Au bout d’environ 300 m, sur la droite se trouve le petit temple, Diêrn Kiê’u, construit pour rendre hommage à l’ancêtre du métier de la soie et des plantes médicinales Mme Lÿ Nhü Thâi Lâo, surtout, rappelez-vous, le 18e jour du 1er mois lunaire de chaque année. C’est un petit édifice avec une belle structure en bois qui a été reconstruit dans les années 1990 grâce à des fonds privés.

Au fur et à mesure que vous vous dirigez vers le Xôm 8 (ou Ninh Giang), l’activité des médicaments traditionnels commence à s’intensifïer : de nombreuses boutiques ayant pignon sur rue apparaissent. Une belle porte marque la séparation entre le Xôm 6 et le Xôm 7. Puis sur la droite, un petit dinh à la porte rose abrite une très belle stèle.

En face, sur la gauche de la rue, la pagode Chuà Khânh Ninh. Puis plus loin un petit étang sur la droite avec de nombreux lotus rappelle l’intérêt pour cette plante médicinale.

A voir: croisiere sur le mekong vietnam cambodge | tour ninh binh 2 jours | ile de Cat Ba | combiné vietnam-cambodge-laos

Arrivés au bout de la rue, vous vous trouvez face au pont d’entrée dans la commune. Tournez à gauche et entrez dans la rue des médicaments traditionnels que vous avez traversée à l’aller. Là, le bruit s’estompe et vous pouvez vous laisser guider par le nez. Dans le village de Ninh Giang (ou Xôm 8), on respire enfin au milieu des senteurs épicées, des odeurs de réglisse, et du calme relatif qu’on vous a promis, loin de la horde des motos des commerçants de tissus qui zigzaguent entre les chalands avec des montagnes de tissuset de vêtements mal amarrées sur leurs engins.

Toutes les devantures des maisons servent d’espace de séchage pour les écorces odorantes, des piles de bâtons de réglisse coupés en lamelle, des tas de curcuma. Des jeunes filles découpent des écorces inconnues, hachent des plantes ou trient des paniers pleins de graines de lotus. Devant les magasins des enseignes montrent la double originalité du village : la vente des médicaments du Nord, Thuôc Bac, et ceux du Sud, Thuôc Nam. Dans le dédale des ruelles, se nichent des petits monuments. On croise un dinh aux portes orange, de très belle facture avec un auvent très ancien (avec des charmants vieux messieurs qui jouent au badminton, une occasion pour discuter l’air de rien de l’histoire du métier et de l’origine du dinh…). Il n’y a pas d’association de producteurs de médicaments, mais à l’occasion des échanges de volants de badminton, on doit causer commerce et recettes de grand-mère pour préparer telle potion magique ! On y rend hommage au fondateur le 9e jour du 1er mois lunaire sans grande fanfare (pas de jeux comme dans les autres festivals).

You can leave a response, or trackback from your own site.

Leave a Reply