Voyage aux villages de métier au Vietnam 50

La fête de la pagode Dâu
La fête de la pagode se déroule au 8L jour du 4e mois lunaire (jour de l’anniversaire de Bouddha). Les quatre pagodes du district Thuân Thành célèbrent leur fête ce même jour et les activités sont intimement liées par un écheveau de croyances et traditions.
En fait, la Déesse des Nuages a trois sœurs, la déesse de la Pluie, la déesse du Tonnerre et la benjamine, la déesse de l’Éclair. Par des processions fastueuses, les villageois réunissent les (statues des) trois sœurs cadettes pour aller voir leur grande sœur Phâp Vân à la pagode Dâu, et ensemble, elles vont rendre visite à leur mère Man Nu’Ong (qui fut mystérieusement – mais accidentellement – fécondée par un bonze d’origine indienne) à la pagode To dans le village Mân Xa.
On peut voir aisément que ces divinités sont intimement liées à de très vieilles croyances sur la fertilité et des rites d’eaux. C’est une fête importante et impressionnante, avec beaucoup de processions, des concours, des jeux, des danses (celle du bâton, ou des lions), de la lutte, des parties d’échecs vivant et des feux d’artifices.

LES ESTAMPES DE DÔNG HÔ
ALLONS À DÔNG HO !
Reprenez la route 182 et 5 km plus loin, au carrefour localisé à la sortie du village de Phô Khâm une route sur la gauche mène, au bout d’un kilomètre environ, au village des estampes et des objets votifs en papier : Dông Hô.
Dông HÔ, (commune de Sông Hô, district de Thuân Thành) est un village très ancien à une quarantaine de kilomètres à l’est de Hà Nôi, réputé dans tout le Vietnam pour la fabrication des estampes traditionnelles sur papier dô (voir Itinéraire 1 pour tout savoir sur ce papier) et plus récemment des objets votifs en papier.
Chaque année, un peu avant le Tët (le Nouvel An lunaire vietnamien), un marché aux estampes se tenait dans et autour du dinb du village. Sous la dynastie des Nguyén, un concours de fabrication d’objets votifs se tenait aussi dans le dinb. Ces événements drainaient des artisans et des clients de toute la sous-région et ont lait la réputation de Dông Hô. Il ne reste plus qu’une poignée d’artisans qui réalisent ces célèbres « estampes Dông Hô », la plupart de leurs voisins s’adonnent à la fabrication des objets votifs que l’on vend rue Hàng Mâ (ou la rue des Objets Votifs), dans le quartier des 36 Rues à Hà Nôi.

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LE MÉTIER
Malgré le déclin inéluctable dans les ventes des estampes Dông HÔ, elles demeurent une référence de la culture traditionnelle populaire. Ce sont des scènes de vie villageoise ou de paysage printanier, des tableaux tirés de contes et légendes ou des images où figurent les animaux de l’horoscope vietnamien (surtout ceux de l’année lunaire à venir et de l’année déjà entamée).
Les estampes sont produites avec des images sculptées sur des planches xylographiques en bois. Le papier est embelli et renforcé avec une gouache à base de coquillage nacré (diêp), à raison de deux couches. Les cinq couleurs des estampes sont d’origine naturelle, le noir étant des cendres de bambou, l’orange des fleurs de gardénia, le bleu de l’indigotier (ou l’indigo des Indes) et ainsi de suite.
Certains historiens placent les origines de cette pratique au début du XVIIe siècle, sous le règne du roi Lê Kinh Tông ; d’autres (amateurs peut-être de chiffres ronds) disent foutaises, ça fait 500 ans (ou 20 générations) que les Dongholais tamponnent du papier dô : faites votre choix… Quoi qu’il en soit, le déclin fulgurant du métier est indéniable : avant 1938, 200 foyers du village peignaient encore sur les estampes. A part les trois derniers qui persistent, presque tous les autres artisans se sont donc mis à produire des objets votifs en papier, et il faut dire que cette activité se porte très bien.
Les deux métiers de Dông Hô sont intéressants à observer. Il y a encore quelques ateliers où l’on peut observer la production des estampes traditionnelles, ainsi qu’un musée (voir encadré, p. 151). Simples, gais et’drôles, les estampes ont un charme indéniable, ne sont pas chères du tout (disons à partir de 3 000 VND) et font des cadeaux facilement transportables dans un petit rouleau de carton ou protégées à plat au fond d’une valise.
Les objets votifs et le papier votif sont fabriqués à partir de matière recyclée, dont la collecte et le tri se font à Du’cfng Ô, autre village de Bac Ninh célèbre pour ses produits en papier (voir Itinéraire 1, p. 83). Ici, les feuilles sont coloriées et décorées et, par beau temps, l’on peut très souvent voir un spectacle très coloré de papier teint qui sèche au soleil.

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