Voyage aux villages de métier au Vietnam 73

Parcours proposé : une randonnée pédestre entre confection et confiserie
Ne vous inquiétez pas de l’aspect plutôt rebutant de l’entrée du village : le nouveau site industriel sert surtout d’entrepôts et de magasins à confiseries et biscuits de toutes sortes, en attendant que les entreprises du textile se soient réellement installées, ce n’est pas vraiment La Phù. Vous pouvez essayer de visiter les deux plus grandes entreprises de tricotage, localisées sur votre droite, qui font travailler plusieurs centaines d ’ouvriers.
Une fois la voie ferrée franchie aux abords du village, le textile apparaît plus nettement. Observez le ballet de motos surchargées de manches de pulls, de chaussettes et de corps de tricots. Ici on fabrique tout séparément : chaque artisan n’a qu’une machine et ne peut fabriquer qu’une seule partie d’un vêtement, souvent un pull-over : entre faire les manches raglans ou le corps du pull-over tout droit, il faut choisir. Donc les motos font le lien entre les entreprises sous- traitantes et l’entreprise donneuse d’ordre.
Une rue principale coupe La Phù dans l’axe nord-sud. Une fois passé le portail anti-camion planté au milieu de la rue, à gauche, il y a un petit temple, miêu, à l’ombre d’un banian, qui rappelle que le sacré est toujours présent malgré l’évidente emprise de l’industrie, du commerce et du mouvement incessant des motos. Tournez à gauche en direction de la pagode perdue au milieu d’un jardin.
Ensuite nous vous proposons de relever le défi de vous perdre (ça va être dur) dans le dédale des rues, en gardant toutefois le cap vers le sud, afin de rejoindre le dinh et le marché, le centre du village. Parmi ces rues étroites et le méli-mélo d’ateliers installés dans les résidences et les cours des maisons : bonbons, gâteaux, chaussettes, film plastique, ateliers de teintures de fils malodorants, manches de tricots… Et quelques petits jardins de bonsaïs perdus au milieu de maisons anciennes, au bout des ruelles. Des piles de tricots attendent leurs motos pour un retour à l’envoyeur. Il est dommage que ce village ne soit pas particulièrement bien entretenu, mais on oublie facilement ceci au détour d’une ruelle, où une odeur sucrée de beignets, de gâteaux ou de caramel envahit l’atmosphère non loin du claquement des tricoteuses et des effluves des quelques teinturiers que l’on n’a pas encore fait déménager. Existent ici de rares mélanges de sons, lumières et odeurs dans un village du delta, celui-ci affichant et célébrant sans artifice sa mixité des lieux et des époques.
Chez les « donneurs d’ordres », vous remarquerez des amoncellements de manches et de corps de tricots de couleurs bigarrées. On peut en deviner que le rose doit être à la mode en Europe de l’Est ces temps-ci… Si vous ne voulez pas vous perdre complètement, prenez l’une des dernières rues transversales vers la droite pour rejoindre la rue principale. Un rappel important : n’oubliez pas de faire attention aux motos ici !
Vous pouvez trouver le dinh dans le sud du village, face à un petit plan d’eau : le bâtiment est de taille modeste et il est complètement encastré dans le marché et le tissu villageois resserré autour de lui. C’est l’un des éléments du patrimoine architectural qui profiterait de davantage de mise en valeur. Une porte de la cour du dinh donne sur le marché couvert. Une odeur de gâteaux vous mène par le bout du nez : voici un quartier de confiseurs encore une fois! Continuez dans le sud du village : à l’odeur, vous trouverez de nombreux artisans qui fabriquent des confiseries, dans des conditions d’hygiène parfois assez douteuses. A l’ouïe, dans les allées transversales, vous trouverez une profusion d’ateliers de tricots. Vous verrez également de très belles maisons au hasard des rues.

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