Voyage aux villages de métier au Vietnam 74

LE FESTIVAL VILLAGEOIS ANNUEL
On ne pourrait pas quitter La Phù sans évoquer son festival annuel, qui a lieu le 13e jour du 1er mois lunaire. Si La Khê avait ses pratiques cochonnes à lumières éteintes (à son festival annuel deux jours après celui-ci), La Phù n’est pas en reste : il a encore sa retraite du cochon aux cierges allumés.
Ce soir-là, quelques anciens du village, ainsi que 32 jeunes personnes (ou 16 demoiselles menues et autant de garçons robustes, comme on dit joliment dans les brochures touristiques) défilent jusqu’au miê’u, le temple, derrière un cochon (déjà exsangue et ébouillanté, avec le groin outrageusement maquillé). Quelle est la raison de cette procession peu commune ? Il apparaît que La Phù fut plusieurs fois protégé des envahisseurs venus du nord par un général et ses troupes. On peut admirer les louanges au général, chantées par proclamations royales interposées au XVIIe siècle, puisqu’elles sont affichées dans le temple qui fut plus tard construit en son honneur. Lorsque l’ennemi maraudait dans la région, les villageois préparaient un festin de porc et de riz gluant pour ce général et ses hommes afin de leur donner du cœur à la bataille. S’ils revenaient victorieux, ils étaient invités à se rasseoir pour un deuxième service.
Aujourd’hui, les conquérants ont changé de style et ne se laissent plus refouler avec un pavé de lard et une guirlande de rognons, mais la tradition du porc paradé dans le village perdure avec une belle bête de 120 à 200 kilos soigneusement engraissée depuis l’année précédente.
Cet itinéraire, entre laque et sculpture sur bois et autres matières, va vous faire découvrir les origines de plusieurs des beaux objets qui meublent la vie vietnamienne d’hier et d’aujourd’hui, ainsi que des éléments d’un riche patrimoine autant profane que sacré.

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