Voyage aux villages de métier au Vietnam 75

HA THÂI
COMMENT Y ALLER ?
Pour se rendre à Ha Thâi, village très connu pour l’art de la laque, il faut prendre la route nationale 1A qui quitte Hà Nôi vers le sud, longeant le début de la voie ferrée qui mène sans interruption jusqu’à Hô Chi Minh Ville. Vous serez encore dans la banlieue quand on vous proposera de bifurquer vers l’autoroute, située plus à l’Est. Résistez à cette tentation : l’autoroute passe bien par Ha Thâi, mais sans moyen d’en sortir ni de s’y arrêter, donc restez sur l’ancienne route. Au kilomètre 17 à partir de Hà Nôi, il y a un pont qui traverse la rivière Tô Lich (aujourd’hui un bourbier pollué et à moitié asséché, autrefois la voie d’accès vers ces villages). On tourne aussitôt à gauche sur la petite route qui mène à Ha Thâi. Si vous voyez un panneau situé sur la droite de la nationale indiquant le village de Nhi Khê, c’est que vous avez dépassé la route pour Ha Thâi (Nhj Khê sera notre deuxième village sur cet itinéraire).
La route vers Ha Thâi épouse les méandres de la rivière « égout » Tô Lich, avec des aperçus de la zone industrielle sur l’autre rive : c’est ici que l’on fabrique du coca-cola et de la bière singapourienne afin d’étancher la soif cosmopolite de la capitale. On traverse le village très commerçant de Phûc Am qui se trouve essentiellement vers votre droite, sur une route à angle droit. On passe sous l’autoroute et tout de suite on prend la route qui part sur la gauche. C’est ainsi qu’on quitte ces visions du Vietnam s’industrialisant et se globalisant à une vitesse grand V pour arriver aussitôt à Ha Thâi, un pittoresque village à l’aspect beaucoup plus traditionnel (nous disons bien l’aspect car depuis le mois de septembre 2008 une zone artisanale a été construite et accueille les plus grandes entreprises).
Tout de suite sur la gauche, vous remarquerez les bâtiments du Comité populaire de la commune de Duyên Thâi, dans le fond la nouvelle zone artisanale, et sur la droite, commence le village proprement dit. Le village se divise en deux parties : une sur la droite de la route, divisée en plusieurs hameaux, et une autre, le Xôm Phô, situé le long de la rivière Tô Lich, au nord de la nouvelle zone artisanale. La promenade à pied est vivement conseillée à partir d’ici : le village est très soigné, avec ses ruelles étroites et sinueuses. Les ateliers, qui sont dans la cour des habitations, se cachent derrière les murets.
Les différents hameaux du village étaient autrefois fermés par une porte, symbole de l’autarcie villageoise et lignagère. Sur la porte de chaque xôm (hameau), il y a des inscriptions en caractères chinois. Ces portes donnent un charme indéniable au village peu à peu envahi par des ateliers de plus en plus gourmands d’espace.
LE CONTEXTE
Certains disent que la laque est apparue à Ha Thâi il y a plus de 200 ans, d’autres placent son arrivée plus loin, d’autres encore, plus proche. Les habitants de Duyên Trifông, situé au sud de la commune, font aussi de la laque. Auparavant, c’est le village de B’inh Vong (Thifông Tin) qui était très célèbre pour l’artisanat de la laque dans le delta, mais depuis au moins 50 ans, les habitants là-bas ont arrêté d’en produire. Ce qu’on peut dire avec confiance, c’est qu’on fait de la laque depuis moins longtemps à Ha Thâi, mais que, même aujourd’hui, le village en vit relativement bien -ces derniers temps en adoptant, disons, une fidélité évolutive envers la matière première de son activité traditionnelle.

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