Voyage aux villages de métier au Vietnam 85

THUY ÜNG

COMMENT Y ALLER ?
Pour aller au village de Thuy Üng (commune Hôa Binh, district Thiïcfng Tin), il faut faire un détour de plusieurs kilomètres car la route de la digue n’est pas carrossable. En suivant nos indications à la centaine de mètres près (mettez le compteur !), vous y accéderez sans problèmes. Vous sortez du village de Nhi Khê. Tournez à gauche (laissez la route qui mène à la route nationale par laquelle vous êtes venus) et après quelques 600 mètres traversez le pont sur la rivière Tô Lich. Allez tout droit sur environ 500 m jusqu’au carrefour du marché Dâm. Puis prenez à gauche une route à angle droit et suivez la sur 800 m à travers les rizières. Au premier carrefour, prenez à gauche la route à angle droit qui traverse aussi les rizières. Au bout de 400 m, elle bifurque légèrement vers la droite. Au bout de 900 m vous entrez dans le village de Dô Ha par le marché. Traversez à nouveau la rivière Tô Lich. Tournez tout de suite à droite, puis à gauche. Puis 800 m à travers les rizières suffisent pour atteindre le célèbre village de la fabrication des objets en corne.
Les habitants de Thuy Üng fabriquent des objets en corne (peignes, sculptures diverses…) depuis plus de quatre siècles. Avec la concurrence des objets en plastique, notamment pour les peignes, les artisans (95 % des foyers villageois) ont diversifié leur production vers des objets plus artistiques et décoratifs, essentiellement exportés vers le Japon et l’Europe.
Ce qu’il faut savoir tout de suite au sujet des peignes, c’est qu’il y en a deux sortes au Vietnam. D’abord, les Itiçfc bî, des peignes fins en bambou qui servent à se débarrasser des pellicules et des poux (et tout bonnement à se nettoyer les cheveux à des époques avant ou sans shampooing) et ensuite les IticJc thua, des peignes à grandes dents en corne, écaille de tortue ou bois, d’usage courant pour se coiffer.
Transformer de la corne en peigne (ou en d’autres objets) prend du temps et du savoir-faire. Une fois la corne séparée de son buffle, il faut la traiter, notamment en la faisant sécher au-dessus d’un feu. La corne doit être ensuite aplanie et découpée, avant d’être façonnée. Certains artisans ne font que ces opérations préparatoires et vendent la corne à d’autres qui ne font que façonner.
À Thuy Üng, en plus des peignes de toutes tailles, on façonne des bols, des gobelets, des cuillères (à salade, à thé…), des couteaux et des fourchettes, des petits dauphins, des canards, des boucles de ceinture et même des sacs à main. Beaucoup d’objets sont également décorés avec de la nacre et des instruments en bois pour faire des massages. Avec l’arrivée des objets en plastique de toutes formes et couleurs, il a fallu diversifier, tailler des niches dans le marché et se tourner davantage vers l’exportation de produits de belle fabrication artisanale.
Comme les artisans ont des machines pour poncer, couper et débiter, ils peuvent aussi bien travailler la corne que le bois. Nhi Khê n’est pas très loin et le métier de tournage du bois s’est étendu aux villages voisins. Il y a également une diversification vers des objets de faible qualité, comme les baguettes de facture simple pour attraper les aliments.
Comme d’habitude, il est recommandé de se promener autant que possible, à la recherche d’activité artisanale en direct (les portes sont rarement fermées) et d’objets à acheter à des prix plus que modestes.
Quand vous entrez dans Thuy Üng après cette course au milieu des rizières, rien de vraiment extraordinaire ne transpire le long de la route. En fait, il faut trouver la bonne ruelle pour pénétrer à l’intérieur de ce village. Toujours les yeux sur le compteur, comptez environ 400 m. Vous verrez à gauche une très belle maison tournée vers un grand étang. Contournez la sur la gauche. Vous ne vous serez pas trompé si à droite de la rue un joli dinh, malheureusement amoché par des constructions de type commercial, s’offre à vos yeux. Un site à visiter aussi.
Donc une fois contournée la belle maison, prenez la route à gauche qui vous mènera au bout d’une centaine de mètres à un grand étang sur lequel un joli pagodon à un pied sert de lieu de vénération à la population du village. Sur la droite de cette ruelle, vous aurez le loisir de visiter de nombreux ateliers qui traitent la corne, la découpent et la façonnent pour fabriquer une multitude d’objets. Comme certains ateliers ne se sont spécialisés que dans le traitement de la corne, certaines cours sont envahies par cette matière première assez insolite, il faut le dire. Une odeur légèrement anisée plane au-dessus du village. Il est possible de demander à acheter des objets et, par l’occasion, de visiter les ateliers qui sont tous installés dans la cour des habitations. Arrivé au bout de l’étang, tournez à droite. Un temple s’élève sur la gauche. C’est là que l’on vénère le fondateur du métier. Un festival en son honneur se déroule le 12e jour du 8e mois lunaire. Un peu étrangement, il semblerait que les habitants aient oublié son nom.
Après vous pouvez prendre la première ruelle sur la gauche et suivre le dédale de rues. Vous aurez l’occasion de rencontrer de nombreux ateliers, pas toujours visibles car ils sont bien à l’abri derrière les murets. Mais si vous voulez faire une collection assez hétéroclite de peignes en corne ; c’est le moment. Le prix extrêmement modique de ces objets (une ou deux dizaines de milliers de VND) en vaut la chandelle.

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